Ils n’aident pas seulement les enfants à traverser les rues…

 
Éparpillés dans les rues de l’aire métropolitaine, ils portent des maillots jaunes avec la mention « Aksyon Sivik » inscrite dessus en couleur verte, et des pantalons ou jupes noirs. Ils se servent d’un bout de PVC blanc glissé à l’intérieur d’un morceau de tissu rouge marqué : « Stop » en blanc, le tout formant un drapeau qu’ils tiennent par la main gauche pour aider les gens, particulièrement les enfants, à traverser les rues. Quiconque fréquente les rues de la capitale à pieds ou en voiture entre 6 h 30 et 8 h 30 a.m. ou entre 1 h et 3 h p.m., les a déjà remarqués. On les appelle par le nom du travail qu’ils font : ACTION CIVIQUE.
 
 
C’est le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) qui est responsable de ces jeunes âgés de 18 à 26 ans. Conscient des graves problèmes économiques auxquels font face les jeunes des deux sexes et dans le souci de les aider à aller à l’école et/ou à s’orienter vers une carrière professionnelle ou universitaire, le ministre de la Jeunesse, M. Evans Lescouflair, alors secrétaire d’Etat, avait créé en 1997, cette brigade scolaire d’action civique.
 
Plusieurs responsables de la direction d’action civique de ce ministère soutiennent que ces jeunes bénéficient d’une allocation mensuelle destinée à couvrir leurs frais scolaires. d’ailleurs chaque brigadier doit rendre des comptes sur son parcours scolaire à la fin de l’année. « L’allocation accordée doit servir à sa formation académique, professionnelle, technique ou universitaire », lit-on sur un papier daté de novembre 2008, lors du dernier recrutement de ces jeunes.
 
Interrogés sur leur responsabilité, plusieurs d’entre eux ont affirmé qu’à part aider les enfants et toutes autres personnes en difficulté – personnes âgées, handicapées, femmes enceintes – à traverser les rues, ils participent à des activités sociales, des activités de reboisement, d’assainissement et de sensibilisation. Ils ont également comme responsabilité de venir en aide à la population, lors de catastrophes naturelles.
 
Un grand nombre d’entre eux se sont aussi penchés sur les difficultés rencontrées au cours de leur travail : des chauffeurs qui n’obéissent pas, les insultes de certains piétons, et les mauvais traitements de leurs supérieurs. Cependant, Maggy et Stevens (noms d’emprunt), deux jeunes brigadiers de Delmas, plus longuement interrogés, ont plutôt lié leur principal problème à l’allocation reçue.
 
Ils gagnent 1960 gourdes le mois, une somme que les responsables n’assimilent pas à un salaire – d’ailleurs c’est en dessous du salaire minimum, mais à « un bon » d’encouragement.
 
« Beaucoup d’entre nous font vraiment ce qu’on demande de faire avec cet argent, mais parfois nous n’arrivons pas à l’avoir à temps; parfois il se passe deux à trois mois sans qu’on le reçoive, et l’école ne va pas attendre », a déclaré Stevens, reconnaissant que l’initiative est très bonne mais le traitement qu’ils subissent mérite d’être corrigé. Stevens est malgré tout très content d’avoir intégré ce corps, car il affirme avoir eu peu de moyens pour poursuivre ses études après le Bac, ainsi, avec ce qu’il gagne, il a pu se faire inscrire dans une école commerciale pour étudier la comptabilité. « Mais pour beaucoup de jeunes que je connais, ce qu’on donne ne suffit même pas pour payer les frais scolaires », a-t-il ajouté.
 
« C’est très peu, mais à ne rien gagner du tout, on préfère encore continuer », soutient Maggy, qui attire l’attention sur le fait que beaucoup d’autres jeunes souhaiteraient être à leur place, mais n’ont pas eu ce privilège. « Tous les jours, des jeunes des deux sexes viennent nous demander comment s’y prendre pour intégrer ce corps; ils nous questionnent sur les prochaines inscriptions; ça nous redonne le courage de continuer », a-t-elle poursuivi, soulignant que chaque année les autorités promettent d’augmenter la somme, ce qui n’est jamais fait.
 
Notons que la brigade scolaire d’action civique du MJSAC a été relancée et restructurée depuis le début de l’année 2009. Pour pouvoir relancer cette brigade, la Direction d’action civique du MJSAC avait organisé un concours d’admission. Plus de cinq mille jeunes s’étaient inscrits, y compris les anciens brigadiers, mais seulement 6 00 d’entre eux ont été retenus après avoir reçu une formation en premier secours, sur la circulation et sur la citoyenneté. Le volet citoyenneté, quant à lui, était axé sur l’éducation à la citoyenneté, à l’environnement, à l’égalité des sexes, aux droits et devoirs du citoyen. Ce qui leur permet de jouer un grand rôle dans la gestion des risques et des désastres, aux côtés des instances concernées pendant les saisons cycloniques.
 

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