Mobilisation continue contre l’introduction du choléra en Haïti

Le Collectif Solidarité veut continuer sa lutte jusqu’à obtenir justice et réparation pour les victimes du choléra en Haïti. Ce mouvement tend à mobiliser non seulement la diaspora, mais aussi tous les Haïtiens vivant en Haïti.

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La marche de jeudi est un premier pas dans la mobilisation continue que veut enclencher le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra en Haïti. « Nous allons continuer à organiser ce genre de manifestation et bien plus que cela. Nous voulons non seulement justice et réparation pour les victimes, mais aussi pour le pays en général », indique le docteur Figaro, porte-parole du collectif.

« Nos sources et nos rivières sont actuellement empoisonnées, poursuit le docteur Figaro. Nous réclamons donc un système national d’eau potable dans le pays, de l’assainissement, des actions concrètes dans le secteur de l’éducation et la construction d’hôpitaux. Tout cela dans le cadre du plan de l’éradication de la maladie dans le pays ». Le médecin haïtien vivant à Boston réclame des mesures intensives de prévention contre le choléra en Haïti. Selon lui, les Nations unies ont une « responsabilité criminelle » dans la mort des milliers de compatriots.

Notons que dans un document acheminé au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ainsi qu’au Premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, le collectif demande clairement à l’ONU de présenter des excuses publiques au peuple haïtien, de dédommager les victimes de la maladie ainsi que les familles de ceux qui en ont péri, respectivement à hauteur de 50 000 et de 100 000 dollars américains.

Durant le sit-in de jeudi, les manifestants sont venus de partout à travers les Etats-Unis et le Canada pour se solidariser avec le collectif. Près d’une centaine d’entre eux s’était encore rassemblée sur une petite place entre la 2e avenue et la 47e rue, à Manhattan, vers quatre heures de l’après-midi, lorsque les organisateurs prononçaient leurs discours de circonstance. « Le plus important, ce n’est pas le nombre de participants, mais la portée symbolique de l’évènement », estime un participant, soulignant que l’initiative en vaut vraiment la peine.

« Nous devons leur montrer que nous pouvons nous unir devant une cause commune, a lancé une participante, d’une voix ferme. Ce ne sera pas le travail d’une journée, mais nous devons lutter tous ensemble pour éradiquer cette maladie… ».

Les responsables disent avoir comptabilisé près de 250 participants tout au cours de la marche. Visiblement, la plupart des participants étaient des personnes âgées et d’aucun pense que le collectif doit sensibiliser plus de jeunes. L’évènement a bénéficié d’une bonne couverture médiatique de la presse international.

Plusieurs ex-hommes d’Etat et hommes politiques ont supporté le mouvement. Pour l’ex- maire de Carrefour, Yvon Jérôme, appuyer cette initiative est un devoir citoyen. « L’ONU doit désormais réviser la forme de coopération et de mission qu’elle offre à Haïti par rapport à ses besoins de l’heure, dit-il. Aujourd’hui nous avons besoin de plus de ressources humaines en matière d’ingénierie, de santé et d’éducation plus que des bras armés ».

A certains moments, des participants ont voulu « politiser » la manifestation en criant « A bas le gouvernement », ce que les responsables du collectif ont formellement interdit. « C’est une occasion de nous unir, ont prôné les différents intervenants. Pour une fois, nous voulons laisser la politique de côté afin de plaider pour une noble cause et non pour nous battre avec nos propres frères ».

« Un petit pas devant l’ONU, un grand pas pour les victimes »

Les organisateurs sont sortis satisfaits du déroulement de la marche de jeudi et de son premier impact. « La mobilisation du collectif au cours des dernières semaines a porté ses fruits et a fait fléchir le gouvernement haïtien. Le Premier ministre Laurent Lamothe a dû reporter son intervention de 3 h à 6 h 30 afin de réviser son discours en y incluant quelques lignes sur le choléra, ce qui n’était pas prévu dans un premier temps », lit-on dans un communiqué du collectif, dénonçant du même coup « la légèreté, la vacuité et l’opportunisme avec lesquels le gouvernement haïtien gère le dossier du choléra aux conséquences si tragiques sur la vie et la santé de la population haïtienne ».

Le collectif estime que le Premier ministre Laurent Lamothe a manqué de courage et de sens des responsabilités. « Il n’a pas profité de la tribune de l’Assemblée générale pour demander officiellement le 26 septembre que l’ONU reconnaisse enfin publiquement son entière responsabilité dans l’introduction du choléra en Haïti. Nous disons que les déclarations générales ne suffisent plus, il nous faut des actions concrètes de la part du gouvernement haïtien et de l’ONU, plus de fermeté et de constance dans les efforts d’éradication du choléra du territoire haïtien ».

Des mobilisations similaires sont prévues pour le mois d’octobre qui marque le 3e anniversaire de l’introduction de la maladie en Haïti. Ces mêmes mouvements de protestation seront aussi organisés en Haïti pour pousser les officiels haïtiens à prendre une position ferme sur cette question.

 
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Marche contre la violence faite aux femmes

Ce vendredi 25 novembre 2011, vers dix heures du matin, plusieurs dizaines de femmes, accompagnées de quelques hommes, se sont rassemblées au carrefour Marassa à Croix-des-Bouquets pour débuter une marche pacifique dans l’objectif de dénoncer les violences faites à des femmes au niveau de leur communauté et réclamer justice pour celles-ci. Une façon de lancer officiellement une campagne de sensibilisation à la violence faite aux filles et aux femmes, à l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale contre la violence faite aux femmes.

Cette marche, organisée par l’Association Fanm solèy Dayiti (AFASDA), a été soutenue par l’organisation Plan Haïti.  La foule s’est d’abord dirigée vers la mairie de la Croix-des-Bouquets, puis vers le tribunal de paix de cette commune et enfin vers le parquet, en vue de presser les instances concernées à prendre leurs responsabilités vis-à-vis des violences faites aux femmes.  Les messages étaient contenus dans  des chants, des spots de sensibilisation à partir d’un char qui les accompagnait, les participants à travers des slogans lancés par les femmes elles-mêmes.

Arborant un ruban blanc, ou un écriteau avec des inscriptions diverses demandant de cesser les violences faites aux femmes, les participants se sont dirigés vers les différentes instances où ils ont plaidé en faveur  des femmes victimes dans leur communauté, tout en insistant sur certains cas particuliers survenus récemment.

La mémoire d’Angeline Vilmot était dans le coeur de tous ceux et celles qui prenaient part à cette manifestation. Cette jeune fille de 13 ans a été violée par un homme de 60  ans, puis tuée par une piqûre que son violeur lui a fait prendre pour avorter. Le père d’Angeline Vilmot, Arc-Ange Vilmot, n’a pas pu retenir ses larmes en racontant cette histoire survenue il y a trois mois. Plusieurs autres cas du même genre ont été évoqués. « La vie commencera, lorsque la violence cessera! », ont crié les femmes».

La foule, qui grossissait progressivement jusqu’à réunir plusieurs centaines de gens, (hommes, femmes, jeunes, écoliers, citoyens et citoyennes de toutes sortes), a fait le tour des rues de  Croix-des-Bouquets pour finalement aboutir sur la place  centrale de la ville où un spectacle a été réalisé par des associations de femmes.

Parallèlement, plusieurs autres marches du même genre ont été réalisées au Champ de Mars, à Carrefour, etc., ainsi que des cérémonies et des conférences à l’occasion de la Journée mondiale contre la violence faite aux femmes.