Les Valléens célèbrent fastueusement leur fête patronale

La Saint-Jean-Baptiste a été célébrée fastueusement cette année à La Vallée de Jacmel. Entre festival, bals, foire et messes d’action de grâce, les quelques milliers de Valléens et de visiteurs venus de Port-au-Prince et de l’étranger ont eu de quoi s’occuper durant tout un long week-end. Le couple présidentiel en visite dans cette commune en chantier a été chaleureusement accueilli par la population.

À la veille de la célébration de son saint patron, Jean-Baptiste, le centre-ville et certaines localités de La Vallée de Jacmel vibrent d’animation. Les colonies de vacances, en majorité des jeunes, débarquent en grand nombre la veille du 24 juin, en transport public ou privé. Beaucoup de Valléens venus de la diaspora et leurs amis ont fait le déplacement exprès pour célébrer cette fête de plus en plus populaire.

Vendredi, il fait frais à La Vallée de Jacmel, même si nous sommes en plein été. Le ciel s’assombrit peu à peu, mais la pluie tarde encore à venir.  Dans un nuage de poussière, les  visiteurs descendent des véhicules un à un, heureux d’être enfin arrivés.

Samedi, la foire artisanale et gastronomique est lancée dans les locaux de l’école congréganiste Saint-Paul, au coeur du centre-ville, ici appelé Ridoré. L’événement se déroule durant trois jours dans une atmosphère sereine, sur fond de musique locale composée par des fils de La Vallée. Des prestations de troubadours et de danse « Annavan 4 » réjouissent le coeur des participants. Différents produits artisanaux et agricoles de la région sont présentés par des exposants visiblement satisfaits de cette initiative réalisée pour la première fois par la mairie.

L’objectif est un retour à la production locale et à d’anciennes pratiques, en voie de disparition, selon les initiateurs. Une façon aussi de mettre en valeur les artistes, artisans et producteurs de la commune. « Nous cherchons à  inculquer aux jeunes Valléens le sentiment de patriotisme et d’attachement à leur terre d’origine », explique la mairesse principale par intérim de La Vallée de Jacmel, Marie Yolaine Philippeaux.

Visite du président Martelly

L’arrivée du cortège présidentiel dans l’après-midi du dimanche 23 juin, accompagné de  l’ex-ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmel Jean-Marie, originaire de La Vallée de Jacmel, attire la foule. Après trois heures de route, le président Martelly et son épouse Sophia, ainsi que les officiels qui les accompagnent, se rendent directement dans les locaux de l’école congréganiste où se déroule la foire. Là, le chef de l’Etat prend la parole pour encourager la population valléenne à « se mettre au travail », en vue de faire avancer le pays.

Vêtu d’une chemise rose et d’un jean délavé, le président de la République se lance dans un discours à la Tèt kale, sensibilisant les citoyens aux  comportements à adopter pour mieux préparer leur avenir. Comme un candidat en pleine campagne électorale, il en profite également pour faire l’éloge de son équipe. Adoptant l’attitude taquine qui lui est habituelle, Michel Martelly chante et danse au grand plaisir de son public, puis distribue des ballons aux enfants. La délégation fait ensuite le tour du centre-ville avant de se rendre chez l’ancienne ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmel Jean-Marie, que le président déclare d’ailleurs être « toujours ministre ». Le président quittera la commune vers dix heures du soir, le même jour.

Lundi, la messe de célébration officielle de la fête patronale met fin à une neuvaine de préparation organisée par l’Eglise catholique, ainsi qu’à tout un week-end d’activités intenses qui ont fait le bonheur des pèlerins, visiteurs et vacanciers. 

 

La Vallée de Jacmel est une commune de l’arrondissement de Jacmel (Sud-Est), située entre Jacmel et Bainet, à 800 mètres d’altitude, ce qui explique qu’il y fait toujours frais. Elle compte trois sections communales sur une superficie totale de 83,90 km2 pour une population estimée à près de 40 000 habitants. Sa production agricole est très diversifiée : maïs, petit-mil, haricot, avocat, mangue, orange, chadèque, patate, chou, etc. On dit que la section communale de Musac est le bastion de la mandarine, tandis que celle de Ternier est réputée pour son igname succulente.

La route qui mène à La Vallée est actuellement en pleine rénovation. Cette reconstruction a déjà été entamée plusieurs fois, puis abandonnée. Il n’y a pas encore d’électricité, mais quelques lampadaires solaires récemment installés éclairent le centre-ville et certaines localités. Il y règne un bon climat de sécurité, bien que le commissariat ne dispose que de 9 policiers et d’un inspecteur sous-équipés. Le centre-ville dispose également d’un hôpital, d’un tribunal, de deux hôtels – Prague et Mont Saint Jean -, d’une bibliothèque communale et d’une église paroissiale : Saint Jean-Baptiste.

Dans chaque section, il y a un centre de santé, une chapelle, un lycée et des écoles communales. Cependant, les fils et les filles de paysans doivent parfois parcourir plusieurs kilomètres à pied pour s’y rendre, empruntant des routes souvent en très mauvais état. Les sites touristiques, dont une grotte située dans la localité de Morne-à-Brûler, un fort situé à Blockhaus, et des rivières admirables un peu partout ne sont pas suffisamment mis en valeur. Ce sont des endroits à visiter absolument, bien que l’accès y soit très difficile. Un aménagement serait donc nécessaire si l’on veut vraiment attirer les touristes.

 

La Vallée accueille le premier centre professionnel du Sud-Est

Les Frères de l’instruction chrétienne (FIC) ont procédé à l’inauguration du premier centre technique et professionnel du département du Sud-Est. Sise à Ridoré, dans la commune de La Vallée de Jacmel, cette nouvelle institution est appelée à former de jeunes cadres dans le domaine de la construction des bâtiments et de l’hôtellerie.
 
 
La cérémonie d’inauguration de l’école technique Frère André Guimond a réuni les autorités locales, départementales et religieuses du Sud-Est, dans les locaux flambant neufs de ce nouveau-né, au terme d’une messe d’action de grâce dite en l’église Saint-Jean-Baptiste de La Vallée.
 
 
Ce nouvel établissement, pouvant accueillir près de 250 élèves, est doté de 12 salles de classe réparties sur un étage et un rez-de-chaussée, au coeur de la ville. 60 jeunes de la région y seront admis cette année pour étudier les techniques de construction des bâtiments et de l’hôtellerie, deux priorités pour le Sud-Est, particulièrement voué au tourisme.
 
 
« Notre plus grand souhait est que cette école réponde aux attentes de tous les jeunes Valléens aux attentes d’une formation qui les aide à trouver une place dans la société, et un emploi utile pour eux et pour les autres», indique le frère Lamy Dessalines, directeur de l’institution.
 
L’ouverture du Centre technique Frère André Guimond, dont les travaux de construction ont débuté le 12 février 2012, constitue la matérialisation d’un rêve chéri depuis plusieurs années par les Valléens. L’idée de construire cette école a pris naissance en 2006 après une importante réunion entre les FIC, le CODEVA et l’organisation Fraternité valléenne. Sa matérialisation a été le fruit d’un long processus gorgé de difficultés.
 
Un montant de 30 millions de gourdes a finalement été décaissé après le tremblement de terre pour la construction de ce centre, ainsi que la réhabilitation des écoles fondamentales de La Vallée. Les deux tiers de ce montant ont été versés par l’Agence canadienne de développement international (ACDI), à travers l’organisation Terre sans frontières (TSF). Le projet a également bénéficié de l’accompagnement technique et financier de Fraternité valléenne et des FIC.
 
Grâce à cette nouvelle structure, les jeunes de la région auront la volonté de rester dans leur commune et contribuer à son avancement « C’est l’une des preuves les plus tangibles de l’intérêt exceptionnel que La Vallée et ses citoyens continuent à vouer à l’éducation », estimé la représentante de Fraternité valléenne, souhaitant que les techniciens formés dans cet établissement jouent un rôle majeur au niveau de l’économie locale, départementale et nationale.
 
« Haïti a besoin de techniciens qualifiés et compétents capables d’investir leur énergie et leur savoir dans les grands chantiers de développement », a affirmé pour sa part la mairesse de la commune, Mme Marie Yolaine Philippaux.
 
La députée de la circonscription de La Vallée de Jacmel, Ruffine Labbé, le premier sénateur du Sud-Est Edwin Zenny et le représentant de la présidence Joseph Lambert ont tous salué cette réalisation qui constitue, selon eux, un pas de plus dans le développement de La Vallée, du Sud-Est et de tout le pays. Ces autorités ont formulé leur engagement à accompagner ledit établissement pour son bon fonctionnement.
 

L’hypnose conversationnelle comme alternative

A l’initiative de l’Unité de recherche et d’action médico-légale (URAMEL), une trentaine de jeunes professionnels de la santé (médecins, psychologues et psychiatres) ont participé à une formation sur l’hypnose conversationnelle stratégique. Ce nouvel outil devra leur permettre de mieux prendre en charge les patients sur le plan sanitaire, mental et psychosomatique.
 
 
Durant ces 8 jours de formation, ces professionnels auront appris des formes de thérapie qui sont brèves et rapidement efficaces. « On a jugé nécessaire d’élargir la compétence de nos cadres sur d’autres modes de thérapie très utiles et qui ont déjà donné de très bons résultats », indique la coordonnatrice de l’URAMEL, Dr Jeanne Marjorie Joseph, au terme de cette formation financée par l’organisation belge Memisa.
 
Après avoir bien assimilé l’hypnose conversationnelle, les spécialistes vont eux-mêmes devenir des formateurs pour les autres thérapeutes qui ont besoin de ce type de formation. Les deux dernières journées ont été consacrées à des personnes victimes d’un traumatisme quelconque, qui seront à leur tour formées pour accompagner les gens de leur entourage.
 
 
« Les gens doivent savoir qu’un trauma ne s’arrête pas facilement si l’on n’a pas recours à des spécialistes », avise le psychologue et hypno-thérapeute Gérald Brassine, soulignant que, suite à la catastrophe de 2010, beaucoup de gens souffrent de maux imaginaires en Haïti. « C’est d’un psychologue ayant eu cette formation spécifique qu’il leur faut », ajoute le formateur belge qui se dit impressionné par le niveau élevé de ses apprenants.
 
Bénéficiaire d’une formation de ce genre en Belgique, Mme Fritzna Blaise a servi de médiatrice pour faciliter la réalisation de cette formation. « J’ai déjà eu recours à l’hypnose conversationnelle lorsque j’ai été affectée au service d’urgence d’un internat au Cap-Haïtien; c’est une pratique simple et assez efficace. Je me suis dit qu’il fallait que d’autres professionnels en Haïti puissent en bénéficier », explique le médecin généraliste, précisant que cette « thérapie brève » permet même de faire de la chirurgie sans anesthésie et sans douleurs.
 
« Il s’agit simplement d’aider le patient tout en l’accompagnant et en utilisant des mécanismes naturels chez lui », selon la psychologue Linda Métayer, qui considère cette nouvelle méthode comme une « formule magique ». « On est sortis vraiment armés, très satisfaits et on anticipe déjà beaucoup de résultats », ajoute-t-elle.
 
Cette nouvelle initiative de l’URAMEL vient renforcer l’une de ses missions qui est d’encadrer les gens psychologiquement. Cela entre dans le cadre de la formation continue que réalise l’institution pour ses douze psychologues ainsi que pour tout autre professionnel de la santé désireux d’en bénéficier.
 
Des avancées considérables dans le domaine de la santé mentale en Haïti
 
Les psychologues ne sont pas nombreux en Haïti, et ce secteur est traité en parent pauvre au niveau du ministère de la Santé. Nombreux sont les mythes associés aux problèmes psychiques ou psychiatriques. Cependant, les spécialistes de l’URAMEL se montrent très optimistes quant à l’avenir de la santé mentale dans le pays. « On a connu des situations assez difficiles dans le pays; les épisodes d’inondation, le tremblement de terre, les bouleversements politiques, etc. C’est vrai que la santé mentale n’a pas toujours été comprise en Haiti, mais il y a un petit effort depuis quelque temps », indique Mme Métayer, l’air confiante.
 
Depuis le séisme, la population comprend de mieux en mieux l’importance de la santé mentale et la nécessité d’aller voir un spécialiste en cas de difficultés, selon les responsables de l’URAMEL qui soulignent que les barrières concernant les stéréotypes à l’égard de ce secteur commencent sérieusement à disparaître.Les professionnels de la santé deviennent de plus en plus confiants dans ce nouvel horizon qui se dessine pour la santé mentale en Haïti.
 
A travers son centre de psychotrauma, l’URAMEL sensibilise aussi la population à l’importance de la santé mentale. « On fait de la prise en charge individuelle ou de groupe, on apprend aux gens à se dépister eux-mêmes, on forme les leaders communautaires et les professeurs d’école », fait savoir le docteur Marjorie Joseph, soulignant que « chacun peut aider l’autre à aller mieux mentalement ».
 
Outre les services de ce centre mis en place après le séisme du 12 janvier 2010, l’URAMEL intervient également dans les soins de santé primaire, la médecine légale et le droit à la santé. De concert avec plusieurs partenaires, notamment le ministère de la Santé, il cherche à mettre en place un plan de prise en charge en santé mentale en Haïti.
 

Le Best Western Premier ouvre ses portes en Haiti

L’hôtel Best Western Premier a ouvert ses portes officiellement ce jeudi, au coeur de Pétion-Ville. Haïti est le 35e pays à accueillir un « Best Western Premier », alors que Best Western compte environ 4 200 hôtels à travers le monde.
 
Crédit-photo: Lakay News weekly
Crédit-photo: Lakay News weekly

C’est le premier établissement hôtelier sous enseigne d’une chaîne américaine à ouvrir ses portes en Haïti depuis des décennies. L’appellation « Best Western Premier » revient aux hôtels de première catégorie (quatre étoiles ou plus), dans la chaîne des Best Western. En dessous, il y a les « Best Western plus » et les « Best Western ».

Cet établissement dont les travaux de construction ont été entamés en avril 2011 comporte 106 chambres et suites étalées sur 7 étages. Il est doté d’un restaurant « Le Michel », d’un spa « Oxygène », de deux suites exécutives et deux suites présidentielles impériales, des salles de réception et de réunion, et d’une salle de conférence « Louverture », le tout pour offrir le luxe et le standard international.

580 oeuvres artisanales décoratives et 42 oeuvres d’art provenant d’artistes et d’artisans du pays ont été soigneusement sélectionnés ou conceptualisés par l’équipe de l’atelier 1804 design, ayant à sa tête la designer Pascale Théard, pour refléter la richesse de l’art haïtien.

En ce qui a trait au prix des chambres, « cela va dépendre du marché », indique M. Christopher Handal, ajoutant que l’équipe va « suivre les prix du marché et essayer de donner les meilleurs services à la clientèle ».

C’est près de 15 millions de dollars qui ont été investis dans la construction de cet hôtel quatre étoiles, grâce au financement de la Capitale Bank et de la Unibank. Il y a une empreinte haïtienne partout et à tout moment de la construction de l’hôtel. En dépit du fait que Pétion-Ville compte déjà plus d’une dizaine d’hôtels, les responsables ont choisi de le placer là « parce que pour le moment il y aura toujours des touristes qui viennent en Haïti pour affaires ».

« Il y a toujours un grand marché pour d’autres hôtels à venir », souligne M. Handal, estimant qu’en Haïti, « nous avons besoin de beaucoup de chambres d’hôtel ». L’homme d’affaires déplore qu’il n’y ait même pas mille chambres d’hôtel en Haïti alors que la République dominicaine dispose de plus de 60 000.

Best Western a déjà employé près d’une centaine de cadres au niveau national. « On va sûrement en employer 20 autres ».

Au carrefour des rues Louverture et Geffrard, l’hôtel Best Western Premier donne sur la rue comme aucun autre établissement de la place.

La Saint-Gabriel de Lascahobas, tout un festival

La patronale de Lascahobas a été célébrée de façon grandiose le 25 mars dans la paroisse Saint-Gabriel, au coeur de la ville. Les pèlerins sont arrivés de partout pour participer aux différentes activités organisées à l’occasion de cette « fête de l’Annonciation ».

Toute la ville de Lascahobas est en fête à l’occasion de la Saint-Gabriel. La fête commence dès samedi matin avec l’ouverture de la 7e édition de la foire exposition organisée par l’Initiative de la société civile (ISC), qui n’a pas connu un très grand succès. Tôt dans la matinée, la ville est bouillonnante avec les préparatifs pour le festival organisé par la mairie. Des dizaines de banderoles de différentes institutions de la commune souhaitent la bienvenue aux pèlerins et visiteurs.

Dans la soirée du samedi, la pluie qui tombe durant des heures n’empêche pas  la population de continuer à festoyer sereinement. La chaleur humaine contribue à faire baisser la température, après l’averse. C’est étonnant de voir cette population assoiffée de plaisir qui, dans un fourmillement, déambule sur la place d’armes, en attendant Koudjay (groupe musical à tendance racine) qui arrive vers 4 heures du matin avec beaucoup de retard. En revanche, des groupes locaux se joignent à Trankil pour tenir le public en haleine durant une bonne partie de la nuit. T-Micky est également attendu, mais, finalement il ne joue pas.

Le dimanche, c’est Tropicana qui fait le plaisir de ceux qui ont les moyens d’aller le voir jouer. 

Le « lundi saint » est férié à Lascahobas pour favoriser la participation des citoyens de cette commune aux différentes activités organisées à l’occasion. La paroisse Saint-Gabriel est remplie comme un oeuf. Un grand nombre de prêtres venus d’un peu partout du diocèse de Hinche ainsi que des milliers de pèlerins participent à la messe solennelle de célébration  de cette patronale, entamée dès dix heures du matin sous la direction de l’évêque de Hinche, Mgr Simon Pierre Saint-Hillien. « Nous sommes faits pour vivre ensemble et pour être en relation les uns avec les autres », souligne le père Eustache, en présence de diverses autorités locales (sénateurs, députés, maires, directeurs généraux et départementaux, etc.).

Le célébrant principal invite tous ceux qui ont une responsabilité dans les institutions publiques à oeuvrer pour le bien-être de la communauté et pas seulement pour eux-mêmes. « Nous sommes tous coupables de la situation actuelle du pays, soutient-il. Dieu nous a créés pour vivre en communauté et non en cercle fermé. » En outre, le père Eustache a prêché la tolérance : « Dieu nous a créés égaux en droit et en dignité, mais différents les uns des autres », affirme-t-il, exhortant les Haïtiens à s’entraider et à se supporter mutuellement.

Pour sa part, Mgr Simon Pierre Saint-Hillien salue les progrès enregistrés dans le fonctionnement de la paroisse Saint-Gabriel, qui s’implique fortement dans le développement de la communauté. Un superbe tableau du collège Saint-Gabriel lui a été offert en guise de remerciement pour sa participation à la patronale.

Après la longue célébration eucharistique, durant laquelle les différents problèmes de la communauté ont été abordés, les invités ont pris part à des réceptions. 

Pour la souveraineté alimentaire, marchons unis !

C’est par sa traditionnelle marche que le Mouvman peyizan Papay (MPP) a clôturé, le vendredi 22 mars 2013, le congrès de 5 jours organisé dans le cadre de la célébration de son 40e anniversaire. Cette année, le mouvement a mobilisé près de 50 000 participants. Une étonnante manifestation paysanne.

La marche a démarré à midi au Carrefour de Hinche-Thomassique situé à quelque 7 km de la ville de Hinche. Des cultivateurs venus de partout dans le Plateau central y ont débarqué comme des pèlerins, arrivés à pied ou dans de gros camions. La foule de paysans vêtus de maillots rouges et de chapeaux de paille avec des messages revendicatifs inscrits dessus se dirige vers la ville dans une atmosphère de fête. Des riverains impressionnés par la manifestation agrandissent la foule au fur et à mesure qu’elle avance. Plusieurs partenaires internationaux sont également de la partie.

Motivés plus que jamais à faire entendre leur voix, les militants gagnent les rues poussiéreuses de Papaye, en brandissant des pancartes et en chantant des refrains destinés à dénoncer la dépendance alimentaire. De loin, on peut les voir traverser le pont Gwayamouk comme une colonie de fourmis ou d’abeilles. Certains d’entre eux dansent autour des grands chars musicaux qui les accompagnent.

Des agents de la police nationale et de la protection civile sont sur place. Aucun incident majeur n’est signalé.

La caravane sillonne ensuite les rues de Hinche avant d’aboutir à 2 heures 15 de l’après-midi sur la place Charlemagne Péralte, sa destination. A ce moment, le leader du MPP, Chavannes Jean-Baptiste, prend la parole pour appeler ses compatriotes à la conscience citoyenne et à l’organisation, seule façon de continuer à mener la lutte pour la souveraineté alimentaire. C’est alors que le long discours de déclaration finale est lu par le responsable du MPP et un autre collègue.

Dans ce discours, l’organisation félicite les 1875 délégués d’organisations paysannes venus des dix départements géographiques du pays, ainsi que les délégations de la diaspora, qui ont pris part au congrès, tout en présentant ses revendications qui concernent principalement les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation.

Rappelons que cette marche a mis fin au congrès de 5 jours réalisé dans le cadre de la célébration du 40e anniversaire de MPP. L’objectif de cette initiative est de réclamer une organisation plus cohérente « dans un pays qui importe plus de la moitié de ses produits alimentaires ». Les participants ont plaidé pour que soit entrprise dans le pays une véritable réforme agraire et une agriculture agro-écologique, méthode basée sur le renouvellement des sols qui bannit l’utilisation des engrais chimiques.

Celui qui s’était vivement opposé à l’arrivée en Haïti de semences hybrides ou OGM du géant industriel américain Monsanto après le séisme de 2010 pense que l’agro-écologie peut offrir de meilleurs rendements et réduire la pauvreté, en fournissant de l’emploi rural.

La priorité pour les agriculteurs haïtiens, selon lui, est une véritable réforme agraire au terme de laquelle chaque agriculteur pourrait sécuriser une portion de terre pouvant nourrir sa famille et approvisionner les marchés locaux. << Les paysans doivent être considérés comme des Haïtiens au même titre que les autres, ils doivent être respectés et impliqués dans les décisions du pays >>, recommande-t-il.

Le Mouvement Paysan Papaye est une organisation paysanne qui a pour but d’unir tous les paysans d’Haïti et de rassembler les jeunes travailleurs ruraux organisés en groupement, en vue de leur promotion culturelle et économique. Sa mission principale est de promouvoir l’organisation de toute la masse paysanne pauvre d’Haïti (hommes, femmes, jeunes) afin de lutter pour bâtir une société où les besoins vitaux de l’homme sont satisfaits (alimentation, logement, éducation, travail, soins médicaux, loisirs, etc.) ; tout en respectant l’identité et la liberté du peuple. Le slogan « òganizasyon ou lanmò » revient sans cesse dans tous les grands rassemblements du MPP.

Camp-Perrin a célébré la Journée internationale de la femme

Les femmes ont fêté grandiosement à Camp-Perrin à l’occasion de la journée qui leur est consacrée par les Nations unies. Des milliers de femmes se sont mobilisées dans l’enceinte du Centre des frères Thomas de Camp-Perrin pour accueillir la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, qui s’était fait accompagner d’une délégation de parlementaires, d’autorités locales et de membres d’organisations internationales.

C’était l’occasion pour les femmes de cette communauté, ainsi que d’autres femmes venues d’ailleurs, d’exprimer leurs besoins et de plaider pour le respect de leurs droits. La ministre à la Condition féminine s’est félicitée des progrès enregistrés dans le domaine de la participation des femmes dans la vie politique et des postes de responsabilité au sein du gouvernement actuel. Elle a encouragé la population à élire beaucoup plus de femmes au Parlement.

Mme Mézile a plaidé pour l’autonomisation économique des femmes haïtiennes. En ce sens, elle a promis de mettre sur pied bientôt des « maisons de femmes » dans la commune des Cayes.

La ministre Mézile a été l’actrice principale de cette célébration, mais c’est le député de Maniche / Camp-Perrin qui a reçu le plus d’honneur durant cette cérémonie. Ogline Pierre a été couronnée par les organisations de femmes de sa circonscription pour « avoir su satisfaire les attentes de ses mandants ». Emue, cette dernière a versé des larmes de joie, heureuse de ce que cette activité ait été réalisée dans  sa commune. 

Quel avenir pour la centrale hydroélectrique de Belladère ?

La centrale hydroélectrique de Onde-verte (CHOV), à Belladère, fonctionne comme une entreprise autonome. Méconnue, cette institution considérée comme la petite-fille de la centrale de Péligre alimente la ville de Belladère et quelques localités avoisinantes. Elle fait face à certaines menaces qui remettent en question sa subsistance.

 IMG_0953 (2) IMG_0960 (2)

 
Visite guidée

Il faut juste traverser une grande barrière en tôle de couleur verte avec le logo : « Electricité d’Haïti », pour visiter la « centrale hydroélectrique de Onde-verte », après avoir emprunté une longue route étroite et poussiéreuse, depuis le Carrefour de Croix-fer (situé à environ 4 km de Belladère). La fraîcheur qu’il y fait est agréable. Le bruissement de l’eau de la rivière coulant à flots dans le grand évacuateur de crue est comme une douce musique.

Avec l’autorisation de l’agent de sécurité et de l’opérateur en service, on peut même aller voir le barrage situé en altitude. De là, on peut contempler une bonne partie de ce quartier tout vert appelé la Sève et de la rivière Onde-verte qui poursuit son chemin au milieu des arbres. On peut également observer la circulation de l’eau dans les vannes de chasse jusqu’à son acheminement au centre de transformation, un petit bâtiment couvert de tôles, situé tout en bas du système de captage.

A l’intérieur, les deux turbines du centre dégagent un bruit assourdissant. Juste à côté, un autre bâtiment de la même allure héberge les différentes cellules d’opération. Le travail y est énorme depuis la transformation jusqu’à la « grande distribution » de l’énergie, assurée par le bureau de l’Ed’H de Belladère, au coeur de la ville. Cette énergie est payée par les grandes entreprises de Belladère et de Baptiste, notamment. C’est Baptiste qui reçoit la plus grande part d’électricité (jusqu’à vingt-quatre heures par jour).

Inquiétudes…

La CHOV est un patrimoine historique. Plus jeune que la centrale hydroélectrique de Péligre, elle a été créée en 1946, sous le président Dumarsais Estimé, fondateur de la ville de Belladère. Sa puissance de production de 750 kilowatts lui permet d’électrifier les sections communales Baptiste, Croix-fer, Dopalais et Belladère, à raison de 16 heures d’électricité par jour, en moyenne.

Depuis sa dernière rénovation en 2008, la CHOV marche très bien, selon l’opérateur Jean Claude Louissaint qui y travaille depuis seize ans. L’originaire de Jacmel craint toutefois une diminution des capacités de l’institution à l’avenir, en raison des menaces de carence d’eau. Il se rappelle qu’à cause du manque d’eau, la CHOV a eu à faire face à trois années d’arrêt, entre 2005 et 2008, période durant laquelle la commune de Belladère était plongée dans le black-out total.

Il est clair qu’une gestion efficace de cette centrale est indispensable au développement de Belladère et des communes voisines. Située dans une région à faible risque sismique, la plus grande menace à la subsistance de la CHOV est le phénomène de déboisement qui a certainement des impacts sur le bassin versant qui l’alimente. En outre, un meilleur plan d’aménagement de ce bassin aiderait sûrement à étendre ses services sur plus de localités.

Aucune initiative visant l’amélioration des services de cette centrale n’a été prise depuis 2008. Des projets ont certes été annoncés, mais rien de concret n’est fait jusque-là. Aujourd’hui, des travaux de réhabilitation sont en cours à la centrale hydroélectrique de Péligre, selon ce qu’a annoncé récemment la direction de l’Electricité d’Haïti (Ed’H). Il y a aussi la réhabilitation simultanée de la centrale thermique de Carrefour où des travaux ont débuté depuis octobre 2012. Qu’en est-il de la centrale hydroélectrique de Belladère ?

 
IMG_0955 (2) IMG_0950 (2)

Une compagnie de fabrication d’ordinateurs en Haiti

Haïti possédera peut-être bientôt sa première entreprise de fabrication d’ordinateurs. Associée à la compagnie locale de télécommunication Suntel S.A., la société thaïlandaise X-Core Corporation participait le week-end dernier au Salon de l’emploi organisé par Haïti Job. Eula Adam, le président de X-Core, a bien voulu répondre à nos questions.

Monsieur Adam, vous dites vouloir offrir des ordinateurs à bas prix sur le marché haïtien. Quelle expérience avez-vous en la matière ?

 Eula Adam (EA): Professionnellement parlant, je suis comptable agréé américain. J’ai passé près de 18 ans à travailler avec l’une des plus grandes firmes comptables dans le monde. Après, j’ai eu à travailler pour Data Corporation, une entreprise œuvrant avec Western Union, puis avec une autre firme de paiement pour MasterCard et Visa. J’ai passé ensuite quatre ans au conseil d’administration de Mastercard. Finalement, je me suis mis avec un autre partenaire qui est ingénieur de système pour créer X-Core Corporation. Notre stratégie globale est de travailler avec des partenaires à travers le monde en vue d’établir des compagnies locales qui peuvent grandir. Aujourd’hui, nous travaillons dans beaucoup de pays, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud et dans plusieurs villes aux Etats-Unis. En effet, nous voulons mettre des ordinateurs à la portée de gens aux revenus modestes. Vous savez que X-Core Corporation est une petite entreprise privée basée en Thaïlande, mais qui a aussi des bureaux aux Etats-Unis. Nous fabriquons des ordinateurs de toutes sortes et, surtout, des ordinateurs à prix réduit qui consomment moins d’énergie.

Quel est le but de votre participation au Salon de l’emploi en Haïti?

EA: Nous avons une opportunité de construire une entreprise d’assemblage d’ordinateurs capable de recruter 1 200 employés, sans grands investissements, en travaillant avec notre partenaire, la Suntel S.A., le gouvernement haïtien, les écoles privés et les associations éducatives. Les machines seront à prix très bas, faciles à maintenir et pourront être utilisées pour l’éducation, les affaires et dans le domaine médical.

Quand vous parlez « d’assemblage d’ordinateurs », qu’est-ce que cela veut dire au juste ?

EA: Un ordinateur est constitué de plusieurs compartiments (batterie, wifi, CPU, stockage, etc.). Notre travail consiste à assembler ces différents éléments pour former l’ordinateur. Donc, nous faisons la conception de la machine, puis importons les pièces, le plus souvent de Chine. Un ordinateur peut se fabriquer avec moins de dix compartiments, il suffit de savoir comment les joindre. Je suis très confiant que nous pouvons recruter, former et motiver des travailleurs haïtiens. Nous avons d’ailleurs déjà un groupe très motivé…

Où en êtes-vous avec les différentes étapes de la mise en œuvre?

EA: Nous sommes au tout début. Notre présence ici témoigne d’ailleurs des suites que nous donnons à ce projet. Nous avons rencontré des gens qui se montrent énormément intéressés à notre gamme de produits. Ce projet ne requiert pas de gros investissements, mais simplement la mobilisation de la communauté d’affaires, la volonté du gouvernement pour travailler avec nous et l’intérêt du peuple haïtien pour acheter nos produits à bas prix. Notre projet peut donc se réaliser très vite. Pour commencer, nous devons nous assurer que le marché peut absorber 10 000 de nos machines par mois, je crois que ce niveau est déjà atteint aujourd’hui. Notre plus grand défi actuellement, c’est de trouver une organisation déjà disponible pour nous accompagner dans l’assemblage, la vente, le marketing et la distribution. On n’a pas besoin de construire un grand immeuble, mais seulement de bien former nos cadres, ce qui peut se faire en quelques semaines. Je pense qu’il faudra au maximum six mois pour tout mettre en place et commencer à produire.

Vous avez déjà pris connaissance des formalités à remplir auprès des institutions étatiques ?

EA: Nous avons déjà rencontré des gens qui nous ont compris et qui nous ont indiqué la procédure à suivre pour investir en Haïti. Actuellement, nous sommes déjà en train de vendre nos produits grâce au partenariat avec la Suntel, mais entre-temps, nous explorons également les possibilités d’investissement. Nous n’allons pas attendre que nos commandes mensuelles soient de 10 000 ordinateurs pour commencer à les fabriquer en Haïti. Si nous réussissons, nous pourrons très vite devenir une très grande compagnie, avec les revenus et les affaires générés par nous-memes.

De quelles compétences aurez-vous besoin ?

EA: Ça ne prend pas grand-chose. D’ailleurs, nous avons une force de travail déjà disponible. Beaucoup de jeunes étudiants haïtiens n’ont pratiquement rien à faire ; nous allons les former dans la mesure du possible et les employer. Presque tous les ordinateurs sont assemblés en dehors de la Chine, et nous pensons qu’ici est tout aussi bien qu’aux Etats-Unis ou au Mexique. C’est une étape naturelle, rien de compliqué.

Aurez-vous une marque originale pour le marché haïtien?

EA: Comme nous travaillerons avec la Suntel, la marque sera probablement Suntel. Mais si vous regardez l’historique des ordinateurs, vous verrez que presque tous les grands fabricants d’ordinateurs dans le monde ont des marques qui ont d’abord été méconnues par l’ensemble des clients dans le monde. Nous voulons construire une marque qui sera reconnue et acceptée en Haïti et dans les pays comme la République dominicaine et les autres Etats de la Caraïbe où nous pourrons exporter avec toute la fierté haïtienne. Ça prendra du travail, mais ça vaut le coup !