La communauté haïtienne

La grève des chauffeurs pénalise les usagers

Les chauffeurs qui assurent le trajet Pétion-Ville/Thomassin et Pétion-Ville/Fermathe sont à leur deuxième journée de grève ce mardi 8 mai. Ils dénoncent des contraventions « injustes » et réclament un espace de stationnement à Pétion ville. Entre-temps, la population de Thomassin et des zones avoisinantes peine à circuler.

Il est 8 heures passées. Sur la route de Kenscoff,  élèves, étudiants, travailleurs et commerçants fourmillent sur les trottoirs en ce matin du mardi 8 mai 2012. Les minibus qui assurent habituellement le trajet Pétion-Ville/Thomassin et Pétion-Ville/Fermathe ne travaillent pas.

Au carrefour de Thomassin 32, une foule de gens fait de l’auto-stop. Ceux qui ont les moyens enfourchent rapidement une motocyclette pour aller vaquer à leurs occupations, ce qui leur coûte au moins 125 gourdes.  Certains se découragent et rentrent chez eux, tandis que d’autres attendent. Même si l’heure de la rentrée des classes est déjà passée, Michelson, un élève du lycée national de Pétion-Ville, attend encore. Il espère qu’un camion venus de Kenscoff finira par passer avant qu’il ne soit trop tard, comme hier. Un camion qui arrivera probablement surchargé, mais qui s’arrêtera quand même pour prendre quelques passagers de plus. C’est courant.

Les chauffeurs de minibus ont enclenché cette grève pour exprimer leur mécontentement par rapport aux mauvais traitements auxquels, ils disent être l’objet. « On est souvent sanctionné injustement par des policiers qui nous font payer jusqu’à six mille gourdes de contravention », déclare un porte-parole des chauffeurs requerrant l’anonymat. « Il nous faut un espace de stationnement à Pétion-ville», revendique-t-il.

Les protestataires pensent que les autorités  concernées doivent régulariser leur situation dans les plus brefs délais afin de leur permettre de reprendre leur travail. Ils menacent de poursuivre ce mouvement de protestation jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte.

A qui imcombe la responsabilité de trancher ?

Ce mouvement a causé beaucoup de difficultés à la population, seuvrée de ces minibus restés stationner aux bords de la route. En face du sous-commissariat de Thomassin, à Thomassin 25, une file de minibus a été remarquée. Les responsables de ce sous-commissariat se sont dits conscients de le handicap causé par cette grève. Eux-mêmes (les policiers) ont des proches qui empruntent le transport en commun. « Toutefois, disent-il, il ne revient pas à nous de résoudre ce problème. C’est le travail de la mairie et du commissariat de Pétion ville ».

La mairesse de Pétion ville, Claire Lydie Parent, affirme avoir rencontré les protestataires. « Cependant, dit-elle, ce n’est pas à la mairie de résoudre ce problème, mais  au Service de la circulation du commissariat de Pétion-ville, auquel nous avons déjà fait parvenir les requêtes de ces grévistes ». Une rencontre était prévue avec les chauffeurs dans l’après-midi de ce mardi, selon plusieurs sources.

Joint au téléphone, le responsable du service de la circulation, le commissaire Will dimanche, a fait savoir qu’il ne peut pas permettre à ces chauffeurs de stationner n’importe où. La réaction de ce dernier a été simple et claire : Une station n’est pas possible à la rue Lamarre. « On leur a proposé de faire la station près du rond-point du marché, mais ils ne sont pas d’accord », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que le service de la circulation n’a pas à décider des aires de stationnement ni de l’emplacement des gares, mais que ce service est là pour réguler la circulation automobile. M. Dimanche croit qu’il revient à la mairie et au ministère des Travaux publics d’en décider. « C’est ce que nous leur avons expliqué dans la rencontre que nous avons eu avec eux aujourd’hui », a-t-il révélé. 

La morgue de l’HUEH déborde

Augmentation de la demande, diminution de l’offre, tel pourrait être le principe économique approprié pour parler de la morgue de l’HUEH, s’il s’agissait d’une entreprise commerciale. Elle déborde de cadavres. La plupart d’entre eux sont des victimes de l’insécurité et particulièrement des « morts par balle ».

On est jeudi, il est presque midi.  Naturellement, des malades traînent par terre, pour une raison ou pour une autre, dans la cours de l’hôpital général. Cela devient l’image habituelle de l’institution. Tout le monde est pressé, encore plus le directeur de l’hôpital ; il y a plein de cas d’urgence à gérer.  Brusquement, un camion remplis de cadavres et couvert d’un grand tapis passe et envahit tout l’espace d’une odeur qui fait retourner l’estomac.

L’odeur de la morgue est beaucoup plus forte aujourd’hui par rapport à hier. Cela fait deviner qu’il y a forcément un problème. On entend de loin des tambours et une sorte de rythme vaudou, bref, une cérémonie à l’intérieur des principales chambres de la morgue. «  C’est l’oeuvre de bienfaisance de l’organisation Saint-Luc qui est venue nous libérer de quelques cadavres abandonnés. Ils le font tous les jeudis », explique M. Pierre Yves Jovin, directeur de la morgue. Ce sont ces cadavres qui étaient transportés dans ce camion.

Le responsable se dit confronté à une situation catastrophique. La morgue fait face à d’énormes déficits, deux de ses salles sont défectueuses, au moment où l’institution devrait plutôt redoubler ses services parce qu’elle reçoit un peu plus de cas. Cependant, même si les salles ne fonctionnent pas, cela ne veut pas dire qu’elles ne reçoivent pas de corps. Au contraire, il y en a même un peu trop. 

De plus, toujours selon M. Jovin, des cadavres sont là depuis septembre. Le directeur dit avoir même remarqué des vers et des mouches. Dur combat quotidien contre ces insectes. C’est ce qui explique cette odeur qui accueille les gens même à plusieurs dizaines de mètres des « chambres froides ». Difficile pour une personne qui n’est pas habituée à pénétrer dans ces lieux.

Les restes d’un policier

« Parmi les cadavres qui pourrissent, figurent un grand nombre de prisonniers ou des bandits tués par balle et apportés par la police », informe le directeur de la morgue, ajoutant que « ces derniers ne peuvent pas être remis ou inhumés sans l’autorisation de la justice ». Etonnamment, un policier est à la morgue de l’HUEH depuis le 31 décembre 2011. Il a fallu trois mois d’enquête, avant de savoir qu’il s’agissait d’un policier.

« Les registres d’admission de la morgue de l’HUEH regorgent de victimes de « ceux qui tirent pour tuer », pour citer la note de protestation des institutions et associations de la société civile contre l’insécurité et l’impunité, publiée le 31 mars dernier. 56 des 90 cadavres admis à la morgue de l’HUEH pour le mois de mars, sont tués par balle. En février, il y en a eu 62 cas de morts par balles sur 84, et 35 sur 79 cas en janvier.

A en croire les propos de M. Jovin, 8 personnes tuées par balles ont été reçues samedi. C’est un record. Certains d’entre eux sont de simples citoyens tués par des bandits, d’autres des « bandits » emmenés par la police elle-même, d’autres encore sont morts à la salle des urgences.

En effet, toutes les victimes de l’insécurité qui arrivent à l’HUEH n’atterrissent pas directement à la morgue. Il y  en a qui passent par la salle des urgences. La plupart d’entre ces derniers y sortent la vie sauve. Les responsables de cette salle confient que de plus en plus de cas de « plaies par balle » sont reçus ces dernières semaines. Le docteur Chenet Torrilus, interne à la salle de chirurgie, en a vus beaucoup. Il fait remarquer que des blessés y sont également conduits par la police elle-même, dans le cadre des opérations menées par celle-ci.

« Deux à trois cas similaires sont reçus en moyenne par jour », révèle un autre docteur requérant l’anonymat. Celui-ci dit constater que la plupart de ces cas, proviennent du Centre-ville, principalement de la rue des Casernes, de la rue Saint-Honoré, de Portail Léogane, du Champ de Mars et de Cité Soleil. Et l’HUEH n’est pas le seul endroit qui en reçoit.

Le dernier bilan fourni par le directeur de l’hôpital général, le Docteur Jacques Pierre Pierre, fait état de 80 cas admis à la salle des urgences pour le mois de mars. 56 d’entre eux sont des « plaies par balle ». Le RNDDH rapporte quant à lui, que plus de 147 personnes, dont 130 par balles ont été victimes de l’insécurité du 1er janvier au 14 mars 2012. 

Destination Aquin, un grand festival

Cette année, le festival Destination Aquin a pris une dimension étonnante. Un vrai festival. Les participants ont eu droit à trois jours d’activités intenses, au choix. Un grand nombre d’artistes ont fait le plaisir de milliers de festivaliers. L’objectif des organisateurs, pour cette année, a été atteint, et l’attente des festivaliers comblée. Aquin cherche désormais à s’aménager, et le CIAT dit OUI.

Un festival pluridisciplinaire

La pluridisciplinarité du festival exige qu’elle se soit déroulée sur plusieurs lieux, dans un esprit de rencontre entre la population et les festivaliers. Outre les divertissements, des activités sont réalisées pour valoriser certains lieux (sites, baies, etc.) et  d’autres pour attirer l’attention des autorités sur les bonnes choses qu’offre la nature.

Destination Aquin s’adresse à toutes les catégories d’âge sur trois journées de fête. Contes dits aux enfants, cinéma, lecture scénique, activités sportives, expositions, excursions, animations de rues ont fait le bonheur des uns et des autres. Sous le ciel tantôt clair, tantôt nuageux, toujours peu étoilé mais éclairé par la pleine lune, la population a répondu en grand nombre les trois soirs sur la place d’armes. Les spectacles  nocturnes ont été exquis par leur diversité.  Des enfants aux flûtes, aux prestations musicales des artistes (haïtiens et étrangers) reconnus internationalement en passant par les danses et musiques traditionnelles, chacun en est sorti satisfait.

« Il y a eu beaucoup de difficultés, mais le même plaisir », a commenté la présidente de Fondation Aquin Solidarité (FAS), Magali Comeau Denis, à l’ouverture du festival, jeudi soir. Pour le maire d’Aquin, Destination Aquin est tout simplement un festival international. Ce dernier s’est réjoui de ce que cette fête ait pu réunir de nombreux amis étrangers et haïtiens de la diaspora. Le premier citoyen de la commune d’Aquin a estimé que les autorités haïtiennes devraient prendre en exemple l’union du comité organisateur pour faire avancer le pays. « Nous pouvons changer le pays, donnons-nous la main pour arriver », a-t-il dit.

Magali Comeau Denis est très fière de l’histoire d’amour et de solidarité qui unit les Aquinois. Aquinoise elle-même, elle a pris conscience de la tendance de la destination à voyager à l’intérieur du pays, durant les périodes de vacances.  « D’où l’organisation de ce festival pendant la fête de Pâques ». 

C’est tout un programme de développement en faveur de la ville d’Aquin que constitue ce rendez-vous annuel, selon  Mme Denis, qui souhaite la même « prise de conscience » à l’échelle nationale où elle constate une « fidélité à la misère ».

C’était l’occasion d’offrir à tous l’accès à la culture et aux manifestations culturelles de qualité, selon l’ex-ministre de la Culture, Magali Comeau Denis. « Les rencontres entre les jeunes espoirs d’Aquin avec les artistes confirmés les aident à sortir de l’isolement total », a souligné celle qui privilégie la construction de l’être sur la construction de l’avoir. « La diversité et la qualité du contenu font le succès de ce festival », s’est-elle félicitée.

Du point de vue organisationnel, les responsables ont encore exprimé leur fierté. « Cela répond au standard international d’organisation, dans une ville démunie », a fait remarquer Mme Denis, dénonçant du même coup l’incompréhension de certaines institutions par rapport à leur travail de qualité. Des problèmes avec l’ED’H dans les démarches pour l’électricité, l’envahissement des rues par des petits marchands ont été, entre autres,  abordés. Cependant, on a pu constater une très bonne qualité technique (son, éclairage, etc.).

La population a bénéficié, à l’occasion, de la création d’emplois temporaires et de la sensibilisation à l’hygiène publique. Beaucoup de travaux ont été réalisés pour préparer la ville à recevoir le festival. De plus, les 3 km de routes asphaltées et l’éclairage des rues sont des retombées de cette initiative.

 « C’est  un festival prestigieux, qui coûte très cher et de plus en plus cher», a nuancé Mme Denis, qui prépare déjà le rapport complet de l’événement pour le mettre à la portée du public. Environ 9 millions de gourdes ont été allouées à la réalisation de l’ensemble des activités, avec le support du CIAT, des ministères de la Culture, des Finances, des Sports et des Haïtiens vivant à l’étranger, ainsi que les ambassades des Etats-Unis, du Canada et de la France, la FOKAL,  la DINEPA, l’Institut français, Vorbe et Fils, Solidarité aquinoise de Montréal, pour ne citer que ceux-là, ont également contribué à faire de Destination Aquin « l’évènement annuel à ne pas rater ».

Un plan d’aménagement

« Il n’y a aucune infrastructure. Nous bricolons et inventons tout  avec l’accompagnement de la municipalité », a indiqué Michel Oriol, secrétaire exécutif du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT), lors de la présentation du plan d’aménagement de la ville d’Aquin, vendredi. Le CIAT est un important partenaire dans l’organisation du festival depuis des années. Cette institution créée en 2009 traite de la question d’urbanisme et d’aménagement du territoire.

Jean Michel Morin, collaborateur du CIAT, explique que l’institution travaille à la constitution de documents d’urbanisme. L’ex-collaborateur du MTPTC cherche, pour l’instant, la consolidation juridique de ces documents. La ville d’Aquin a été choisie comme pilote non seulement parce que c’est une commune qui pourra donner des éléments de référence, mais aussi suite au plaidoyer de la Fondation Aquin Solidarité (FAS).

Dans cette étude financée par la Banque mondiale, il est prévu  un aménagement intégré du territoire qui souligne à la fois les potentialités et les menaces. Aquin est l’une des villes d’Haïti exposée aux risques sismiques, aux inondations, à l’érosion et à des glissements de terrain. De plus, les initiateurs cherchent à éviter le développement anarchique et informel des villes, où les gens vivent dans des conditions catastrophiques.

Des réflexions sont ouvertes sur l’établissement complet de ces documents. Déjà, tous les intéressés  sont invités à soumettre leurs propositions. Le maître d’ouvrage restera le CIAT, qui, par la suite, se chargera de retrouver les fonds nécessaires à la concrétisation du plan. Le CIAT veut se démarquer des priorités gouvernementales, en entamant lui-même des recherches isolées de fonds, par la mobilisation des différentes fondations partenaires. 

Des entrepreneurs d’Atlanta veulent investir en Haïti

Trois potentiels investisseurs venus d’Atlanta : Eddy Benoit, Jérôme Russell et Ceasar Mitchell ont foulé le sol d’Haïti la semaine écoulée, pour explorer les terrains propices à l’investissement. Conduits par les responsables du consulat d’Haïti à Atlanta, ils ont rencontré plusieurs personnalités impliquées dans la facilitation de l’investissement dans le pays, afin de s’informer des opportunités.

Eddy Benoit, l’un des éventuels investisseurs arrivés en Haïti la semaine dernière, a exprimé sa volonté de mettre son expertise au profit du gouvernement haïtien dans la reconstruction d’Haïti. M. Benoit souhaite investir notamment dans l’éducation, le tourisme, l’agriculture et le textile. Il promet aussi d’aider dans la construction et la reconstruction des édifices commerciaux.

M. Benoit est très optimiste dans la présentation de ses projets pour Haïti. L’entrepreneur voudrait commencer avec un projet de construction de maisons peu coûteuses, par l’utilisation de matériels moins chers. Il envisage de mettre sur pied au fur et à mesure des industries diverses, notamment des compagnies de boissons gazeuses, qui pourront exporter aux USA à l’avenir.

« Je prévois aussi d’instituer une fondation qui recueillera une partie des fonds de mes entreprises pour supporter l’éducation », a promis le milliardaire américain d’origine haïtienne, précisant que ses projets sont établis en fonction de ses fonds disponibles. « J’ai toujours voulu investir dans mon pays d’origine, comme je l’ai fait aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Afrique, mais les difficultés du terrain m’en empêchaient », a-t-il avoué, tout en félicitant le consulat d’Haïti à Atlanta qui lui a facilité la tâche.

Eddy Benoit est le P.D.G. de « The Benoit Group », une importante firme basée à Atlanta qui se compose d’un groupe de développement commercial et d’un cabinet de conseil immobilier. Avec près de deux décennies d’expérience dans l’industrie du développement commercial, totalisant plus de 1,8 milliard de dollars.

Il se concentre actuellement sur la diversification des activités de l’entreprise et l’expansion géographique. Benoit vise aussi l’enseignement supérieur, des possibilités de logements pour les étudiants au sein des systèmes universitaires et le développement des principaux collèges et universités historiquement noires aux USA. Avant d’établir le Groupe Benoit, il a présidé  le « Multi-family division for Regent Partners » où il était responsable de la direction stratégique de l’entreprise. Il a aussi travaillé à la croissance et l’expansion dans de nouveaux marchés à travers les Etats-Unis.   

Jérôme Russell est le fondateur de « HJ Russell & Company », qui depuis plus de 50 ans, a été un chef de file dans la construction et l’industrie réelle de développement immobilier. La compagnie est reconnue comme le plus grand cabinet simple immobilier aux USA. Elle propose des services comme le développement immobilier, la construction et la gestion des biens.

César Mitchell est le vice-maire d’Atlanta. Il a servi pendant huit ans en tant que membre du conseil administratif de la ville.  Il a facilité la revitalisation économique dans les zones sous-développées par des mesures qui ont abouti à la création de 4 des 10 districts de la ville.

Les trois hommes ont eu un tête-à-tête avec des membres du gouvernement, particulièrement la ministre du tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, et des responsables du Centre de facilitation de l’investissement (CFI). Ils ont également visité plusieurs régions du pays. Après  diverses rencontres, ils se sont dits satisfaits des résultats obtenus et prêts à entamer les démarches. Ils louent d’ailleurs le CFI qui a raccourci le processus de création d’entreprise en Haïti.

En outre, les visiteurs se sont dits non préoccupés par le climat d’insécurité qui règne dans  le pays depuis quelques mois. Ils pensent que le chômage est l’une des raisons qui favorise ce climat qu’ils sont là pour réduire.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts du consulat d’Haïti à Atlanta, qui cherche à travailler de concert avec le ministère des Affaires étrangères et celui du Tourisme, pour faciliter l’investissement dans le pays et du même coup projeter une meilleure image d’Haïti à l’extérieur. Un nouveau conseil, installé à la tête de ce consulat  depuis environ un an, travaille notamment sur deux principaux points : regrouper les ressortissants haïtiens d’Atlanta et se faire connaître aux professionnels de cet Etat, aux fins de tisser des liens avec les hommes et femmes d’affaires.

Ces diplomates veulent accompagner le chancelier haïtien, Laurent Lamothe, dans le cadre de la « Diplomatie d’affaires » prônée par ce dernier. Depuis quelque temps, ils se sont engagés à projeter les belles images d’Haïti à l’échelle internationale, expliquent-ils. Gandy Thomas, consul général d’Haïti à Atlanta et  Réginald Michel, responsable de relations publiques, qui ont conduit la délégation, ont affirmé vouloir mettre en œuvre le slogan du président Michel Martelly « Haïti is open for business ».

« Ceci est une première série d’investisseurs que nous avons conduits ici, pour voir ce que cela va donner, nous comptons y emmener d’autres », a assuré M. Gandy, qui annonce déjà une deuxième délégation pour fin mai prochain. 

Une fête patronale sur fond de projets palpables

La fête patronale des Côtes-de-Fer a connu cette année un succès considérable. La ville natale du président Martelly s’est vue envahie par plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers de visiteurs. Sa capacité d’accueil a débordé. Une semaine d’activités intenses a été organisée dans cette ville en pleine construction. Des activités culturelles, sociales et à caractère politique. Une fois de plus, le chef de l’Etat a distribué pas mal de cadeaux aux gens.

La messe de célébration du saint patron des Côtes-de-Fer s’est déroulée, lundi 19 mars,  dans la paroisse St-Joseph. Elle a réuni des milliers d’habitants de la commune et des régions avoisinantes. Le couple présidentiel et d’autres officiels y ont également assisté. Tout en saluant les efforts déjà entrepris par le président Martelly au niveau de la région, le célébrant principal, le révérend père Samson Pierre, curé de la paroisse de Gris-Gris, a exhorté la population des Côtes-de-Fer à la compréhension, à l’amour et au respect d’autrui, conditions essentielles au rayonnement de la communauté.

Quatre « jours gras » aux Côtes-de-Fer

Bain de mer, activités sportives et animations musicales, suivies de distributions de cadeaux (le soir)  ont été, entre autres, les réjouissances principales des résidents et visiteurs de cette commune durant quatre jours  consécutifs. Deux stands ont été  érigés au cœur de la ville pour garder la population en éveil jusqu’à l’aube, durant les quatre jours, grâce à l’animation de DJ Sound Design et du président de la République lui-même. La petite ville en pleine expansion a accueilli également un grand nombre de groupes musicaux cette année, dont RAM, Mass Compas et Disip.

Père Noël bis

Aux Côtes-de-Fer, d’autres officiels se sont joints au président Martelly dans sa distribution habituelle de cadeaux. Dans une ambiance spectaculaire, le chef de l’Etat haïtien a offert pendant quatre jours des motocyclettes et des enveloppes aux habitants, en vue de leur faciliter le déplacement vers les zones reculées. Désignés l’un après l’autre par le président lui-même ou d’autres officiels, les bénéficiaires ont été invités à enrichir le spectacle, par des prestations diverses pour mériter les cadeaux.

Des projets

La construction de la place d’armes, la réhabilitation de la paroisse St-Joseph, le bétonnage de plusieurs rues, l’électrification de la ville, l’installation de lampes solaires dans différentes sections communales figurent, entre autres, parmi les travaux réalisés en prélude à la célébration de la Saint- Joseph. Le chef de l’Etat a renouvelé son engagement au développement de sa ville natale par la création d’infrastructures adéquates telles que la construction du tronçon Côtes-de-Fer/Carrefour 44, déjà en chantier, l’électrification de la ville, la construction de lacs collinaires, etc.

La commune fête la Saint-Joseph depuis environ 63 ans. Elle fête également plusieurs saints patrons au niveau de différents endroits, notamment la Notre-Dame à Boucan-Bélier en août. De l’avis de tous, responsables de la municipalité et population, la réalisation de la Saint-Joseph cette année a laissé les visiteurs bouche bée, stupéfaits du travail bien fait. La fierté des Côtiferrois s’exprime également à travers la construction de la route 44, depuis un mois et demi, qui relie la commune à la route nationale. Les responsables de la municipalité des Côtes-de-Fer appellent cependant à la mise en place de nouvelles structures d’accueil dans la commune. «Le seul inconvénient des fêtes était que le nombre de visiteurs avait largement dépassé notre capacité d’accueil», a déclaré le directeur de la commune, remerciant tous ses collaborateurs.

« 300 carreaux de terres cultivables sont déjà irrigués, plusieurs hectares de bananeraies entretenus  et 5 puits artésiens, à raison de 900 gallons d’eau par minute chacun, opérationnels. Les organisations de planteurs, dont l’une des plus importantes est l’OPFLA (Organisation des planteurs de Flamand), prévoient déjà quatre (4) vendanges de miel par année, grâce à ce projet. Le chef de l’Etat a entre autres  distribué des outils de travail aux agriculteurs et promis de les accompagner en leur facilitant la formation technique et le crédit agricole », rapporte un communiqué du bureau de la présidence. 

 

La commune des Côtes-de-Fer se trouve dans le sud-est du pays, à 44 km de la route nationale #2. Fondée en 1843, elle contient 6 sections communales qui se regroupent sur une superficie de 192,42km2 entre plaines et montagnes, arrosées par ses trois rivières. Deux des sections communales sont baignées par une mer saine et sauvage. Mais ceci n’empêche pas les visiteurs et les Côtiferrois de jouir de l’interaction que leur offrent les vagues toujours en mouvement dans les deux plages dont dispose la commune, ou simplement au bord de la mer non entretenue.

Dans l’allée qui mène au centre-ville des Côtes-de-Fer, l’église Saint-Joseph accueille les visiteurs dans sa pleine majesté. Elevée sur une base d’environ 4 mètres de haut, récemment réaménagée pour la célébration de la fête patronale, elle offre une vue splendide du centre-ville, où se situe la majorité des institutions publiques. Parmi elles, la mairie de la commune et la Direction générale des impôts (DGI) dont le bâtiment est fraîchement réhabilité, le centre de santé qui n’offre que les premiers soins, le tribunal de paix, le bureau de l’état civil et le commissariat de police.

La place d’armes des Côtes-de-Fer, actuellement en construction et qui a accueilli les manifestations de la fête, est jusqu’ici la seule place publique de la commune. Plusieurs tronçons de route à deux voies qui parcourent le centre-ville sont bétonnés et ont permis une circulation fluide pendant les festivités. La structure hôtelière de la ville est très pauvre. Seuls deux hôtels reçoivent les visiteurs lors des grandes activités.

La commune possède 3 rivières, plus de 70 sources. Cependant, des robinets pour le service ou l’usage domestique ont aussi été installés. La distribution d’eau a été renforcée par la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA), pendant la période des fêtes. L’agriculture et l’élevage, le commerce, les jeux de hasard, la pêche et l’artisanat constituent les principales activités commerciales de la commune.

Côtes-de-fer compte plus d’une dizaine d’écoles primaires, dont 5 au centre-ville. L’école Saint-Joseph dirigée par les sœurs de la charité de Saint-Louis, communément appelée « chez les sœurs», offre une section kindergarten et est subventionnée par l’Etat haïtien. On y compte également deux lycées: le lycée Cléovil Maudé et le lycée de Gris-gris. Cependant, on n’y trouve pas d’université ni d’école supérieure, ce qui aboutit généralement à la migration des jeunes vers d’autres villes ou vers la capitale haïtienne, en quête de formation supérieure.

Haïti sous le regard d’une journaliste canadienne

La journaliste canadienne Chantal Guy, dans un article sévère à l’endroit d’Haïti, publié vendredi sur le site de Cyber presse, a prodigué des conseils à ses concitoyens qui souhaitent visiter le pays. Selon ses écrits, elle veut que les Canadiens évitent les « mauvaises surprises ». Dans un autre article moins sévère, elle explique pourquoi, à son avis, Haïti est appelée l’île magique, tout en expliquant que les Haïtiens ne s’attendent généralement qu’à de l’aide, venant des « Blancs ».

Après avoir indiqué quels vols choisir, la journaliste, dans son article, a commencé par le budget que doit prévoir les visiteurs canadiens en Haïti. Elle est d’avis qu’Haïti n’est pas bon marché,  « contrairement à ce qu’on pourrait croire ». « Et si vous êtes blanc, vous payez le triple, on ne vous fera pas de cadeau », prévient-elle.

En ce qui a trait à l’utilisation de la monnaie, la journaliste estime que l’argent canadien n’a aucune valeur en Haïti contrairement au dollar américain et à la gourde. Elle suggère à ses touristes d’avoir à leur disposition de petites coupures, « parce qu’on ne vous rendra pas toujours la monnaie! », dit-elle. «  Aussi, les guichets automatiques sont rares, il faut donc des cartes de crédit pour faire des avances de fonds », ajoute-t-elle.

Parlant transports, Mme Guy, qui constate que « tout le monde utilise son véhicule pour faire quelques gourdes », a déclaré que l’on peut se déplacer partout, « selon son degré de sensibilité au risque ». « Les routes ne sont pas éclairées, il n’y a pas de feux de circulation, pas de règles. D’ailleurs, peu de voitures ont des ceintures de sécurité. La méthode de luxe (environ 100$US pour une journée) est de payer une voiture avec chauffeur », souligne-t-elle.

«A  Port-au-Prince les voitures qui affichent une banderole rouge sont des taxis qui suivent un circuit. Le transport rapide et économique est la moto, mais c’est le plus inquiétant: pas de casque et vous pouvez être trois dessus! Enfin, il y a le tap-tap, souvent bondé, et qui porte bien son nom: véritable tape-cul, assez pénible pour les longs déplacements, mais lieu idéal de socialisation », explique la journaliste dans son fameux article.

Seules la nourriture et la communication –  bien que sans contrôle – sont exemptes de sa critique acerbe. « Honnêtement, rien ne vaut un homard grillé servi sur la plage… Et vous ne savez pas ce qu’est une mangue si vous n’avez pas mangé une mangue haïtienne ». « Tout le monde fonctionne par cellulaire. Ayez-en un, c’est primordial pour rester en contact. Si votre téléphone intelligent est déverrouillé, profitez-en pour acheter une carte SIM haïtienne, qui vous permettra de tout faire (texto, téléphone, Internet) pour un prix ridicule ».

Plus tôt, dans un autre article publié sur le même site, titré : « Haïti, l’île magique », Chantal Guy laisse croire que depuis la chute de Bébé Doc, Haïti n’est plus visitée que par les travailleurs des ONG, les militaires et les missionnaires. « Mis à part les Haïtiens de la diaspora qui font régulièrement le va-et-vient et les travailleurs humanitaires de tout acabit, rares sont les touristes qui y débarquent simplement par curiosité. Cette espèce manque cruellement à Haïti, ce qui fausse les rapports entre étrangers et Haïtiens. Dire qu’il y a déjà eu un Club Med très populaire sous la dictature! Un « Blanc » – ce mot désigne avant tout un étranger, peu importe la couleur de sa peau – n’est jamais ici gratuitement et ne semble exister que pour apporter son aide ».

Le voyageur un peu téméraire risque, selon elle, de trouver l’expérience de voyager en Haïti assez pénible. « D’abord, 90% de la population ne parle que le créole. Et si vous êtes blanc, le mot « argent » est écrit en lettres de feu sur votre front, peu importe votre budget », insiste-t-elle.

Pour cela, elle pense que la meilleure façon de découvrir Haïti, est d’y être introduit. « L’esprit de clan ici est fort, et les Haïtiens ont créé les réseaux sociaux bien avant Facebook », signale Mme Guy, ajoutant que la société haïtienne n’est pas une société plus dangereuse contrairement à ce que l’on pourrait croire. « Il y a comme partout de la criminalité, mais certainement proportionnellement moins que dans les quartiers les plus louches des pays industrialisés », ajoute-t-elle.

« Bien sûr, poursuit l’exploratrice d’Haïti, le voyageur fortuné peut se terrer dans Pétion-Ville, sorte de Westmount de Port-au-Prince et emprunter sa voiture pour le moindre déplacement. Il y découvrira le luxe, le confort, la bonne chère, étonnamment possibles au milieu de tant de misères. Mais il ne découvrira en rien la véritable Haïti. Car Haïti vit dans la rue ».

« Haïti n’est pas une anomalie de l’histoire, elle est l’Histoire. Des siècles de bruits et de fureur sans aucun répit. L’atmosphère d’Haïti est imprégnée de cette destinée incroyable et tragique, qui semble flotter au-dessus de ses paysages époustouflants. Une vie ne suffirait pas à comprendre ses mystères, ses paradoxes et ses absurdités. Mais si le dieu Legba, celui qui ouvre les portes, est avec vous, peut-être aurez-vous le privilège d’être invité un jour dans ses coins les plus secrets», explique Chantal Guy.

« On ne l’appelle pas l’île magique pour rien », conclut-elle. 

Echanges captivants sur la littérature et les aspirations littéraires

La journée du vendredi 3 février à l’institution Saint-Louis de Gonzague, à Delmas 33, ne s’est pas déroulée comme toutes les autres pour les élèves de cette école. L’auditorium Saint-Louis s’est paré de ses plus belles décorations pour accueillir les écrivains Léonora Miano et Dany Laferrière dans une atmosphère de joie et de gaieté. Une rencontre enrichissante a eu lieu entre ces jeunes et les deux étonnants voyageurs.

Les élèves du secondaire de l’institution Saint-Louis de Gonzague, auxquels se sont joints ceux des institutions Mère Délhia et Vision nouvelle, ont eu d’intéressants échanges avec les écrivains Dany Laferrière et Léonora Miano, qui leur ont rendu visite dans le cadre de leur tournée d’étonnants voyageurs. Les discussions ont surtout porté sur les oeuvres respectives de ces écrivains.

L’origine et l’objectif de ce festival de littérature et de cinéma ont d’abord été au centre des préoccupations de ces élèves, manifestement accrochés à la lecture.  Puis, ils ont fait montre de leur envie d’en savoir plus sur ces auteurs dont ils se sont empressés de connaître la biographie et la bibliographie. Tour à tour, de multiples questions ont été adressées aux deux invités, qui se sont fait le plaisir de plonger ces jeunes dans leur monde réel et littéraire.

Contents de la vivacité d’esprit des élèves, ils se sont très vite transformés en professeurs qui enseignent à ces derniers comment devenir écrivain. Beaucoup de ces jeunes semblent aspirer à ce métier, mais se demandent s’ils ont quelque chance de réussir ou s’ils sont sur la bonne voie.

La leçon est pourtant très simple, selon les deux auteurs. Pour Dany, il suffit de le vouloir  vraiment. L’essentiel n’est pas de se demander si l’on peut le faire, mais de le faire tout simplement. Le premier talent est la persévérance, a expliqué celui qui a écrit 22 ouvrages littéraires en 30 ans. Il aimerait encore faire mieux, mais des nuits d’angoisse attendent, prévient-il. « Qui va aller plus loin dans ce tunnel ? », s’interroge t-il pour montrer  que l’écriture constitue vraiment un véritable chemin sans aboutissement. « Un chemin un peu solitaire, et on n’a pas vraiment besoin de conseils pour l’emprunter ».

Léonora pense, quant à elle, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un écrivain modèle. Il faut trouver sa propre voie, sa propre singularité. La seule leçon à tirer des grands  auteurs, selon elle, n’est pas de les imiter, mais de s’en servir comme crayon pour tracer son propre sillon. Le seul conseil est de continuer, si l’on a déjà commencé, et de persévérer. Il n’y a pas vraiment de règle, sinon que d’écrire sans cesse et d’attendre qu’on soit prêt pour la publication. Rien que ça ! Tels sont les conseils prodigués par l’auteure dont le livre préféré est toujours celui qu’elle n’a pas encore écrit.

L’intérêt des élèves  pour ces réflexions littéraires augmentait au fur et à mesure que les écrivains répondaient à leurs diverses questions. Interrogés sur certaines de leurs œuvres, ils  fournissent toutes les explications nécessaires avec patience et modestie, tout en s’assurant de la compréhension de ces jeunes. 

Réagissant sur son livre « Tout bouge autour de moi » retraçant le séisme de 2010, Dany Laferrière pense qu’il fallait absolument en rendre compte. « C’était aussi important que panser les blessures des victimes », dit l’auteur, pour qui l’œuvre en question constitue une relation d’amour entre lui et sa ville. 

Il habite l’Amérique. Dany Laferrière aime dire que son « cœur est à Port-au-Prince, son corps à Miami et son âme à Montréal. » Façon bien personnelle d’habiter l’Amérique tout entière !

Quant à Léonora Miano, née en 1973, à Douala au Cameroun, elle réside en France depuis 1991. L’écriture, dit-elle, est simplement une chose qui lui est arrivée sans qu’elle puisse l’empêcher. Pour Miano, on écrit en raison d’une certaine tournure d’esprit et parce qu’on y est poussé. Elle est l’auteure de plusieurs romans, qui ont remporté divers prix, et également de nombreux textes courts.

Léonora Miano et Dany Laferrière n’ont pas été les seuls à avoir rencontré des élèves. 20 auteurs au total sont allés à la rencontre des élèves de 10 collèges et lycées de la capitale. Cette série de rencontres a débuté dès jeudi avec Yahia Belaskri, Georges Castera, Ernest Pépin, Inéma Jeudi, Yvon Le men et Michel Le bris qui ont visité des collèges et lycée de Port-au-Prince, de Delmas, de la plaine du cul-de-sac, de Pétion-Ville, etc.  Tout cela s’inscrit dans le cadre du festival « Étonnants voyageurs » qui a lieu en Haïti du 1er au 4 février 2011. 

Grave incendie dans un camp d’hébergement

Un incendie a éclaté, ce mercredi, dans le camp d’hébergement situé sur la cour de l’Ecole nationale République d’Argentine, à Carrefour Péan, semant la panique parmi les sinistrés. Une fillette de 3 ans a été brulée, deux autres enfants sont portés disparus et au moins une cinquantaine de tentes ont été consumées par le feu.

Il est dix heures du matin et la circulation est un peu difficile à la rue Saint-Martin prolongée. Cette rue mène à l’Ecole nationale République d’Argentine, autrement dit au camp des déplacés de Carrefour Péan où un incendie vient de se déclarer un peu avant huit heures du matin. Avertis au téléphone par des résidents du camp, les pompiers de la mairie de Delmas arrivent bien vite sur les lieux pour éteindre le feu, mais ne peuvent éviter les dégâts. Une ambulance de la Croix-Rouge haïtienne et des brigadiers d’action civique sont venus apporter les premiers soins aux victimes.

Dans le périmètre où était érigé environ une trentaine de tentes, il ne reste plus que les débris de tôle, la cendre des planches et la noirceur des objets brûlés. La population du site et de la zone avoisinante assiste, impuissante, à la scène, ne pouvant que déplorer les pertes matérielles.

Une atmosphère de désolation totale règne sur le site où la solidarité, heureusement est présente, les uns compatissent à la douleur des autres. Le cadavre d’une fillette de trois ans, brûlée vive à l’intérieur de sa tente, est retrouvé dans les ruines. Sa mère, qui s’est rendu à Canaan, ne le sait pas encore, rapporte les voisins. Son père, en sanglots, explique qu’il était sorti chercher de l’eau lorsque l’incendie s’est produit.

Deux autres enfants sont portés disparus et leurs parents sont inconsolables. Les responsables essaient d’organiser des réunions avec les voisins pour savoir s’il y a des habitants du camp qui manquent à l’appel. La police canadienne et des Casques bleus brésiliens viennent renforcer la PNH présente sur les lieux. Le maire de Port-au-Prince, Jean Yves Jason, qui est sur place n’a pas de mots pour exprimer sa tristesse. De son côté, le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Réginald Delva, promet de diligenter une enquête pour faire la lumière sur cet incendie dont l’origine est jusque-là inconnue.

Le feu a éclaté chez M. Eddy Auguste : « Il n’y avait personne à la « maison » et la porte était fermée à clé», affirme celui-ci, ne pouvant fournir aucun détail sur l’origine de l’incendie et doutant que cela puisse être de nature malveillante. Les victimes réclament de l’aide, se demandant où elles vont dormir ce soir.

L’Ecole nationale République d’Argentine ne peut fonctionner dans une atmosphère pareille. Déjà, la présence de ces déplacés nuit énormément à l’apprentissage des enfants. Certains de ces sans-abri ont souvent des comportements inacceptables durant les heures de cours, rapportent des responsables. Cette école n’est pas la seule à partager sa cour avec un camp d’hébergement. Une dizaine d’autres  de Port-au-Prince, de Delmas et de Pétion-Ville, deux ans après le séisme de janvier 2010, cohabitent encore avec des déplacés. 

Une soirée en l’honneur des invités d’Etonnants voyageurs

La résidence privée de l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a accueilli ce jeudi 2 février 2012 une manifestation culturelle. Un cocktail organisé en l’honneur des invités de la 3e édition du festival Etonnants voyageurs, notamment les artistes et écrivains qui arrivent de l’étranger.

L’objectif de ce cocktail culturel organisé chez l’ambassadeur Didier Le Bret est de réunir les invités du festival « Etonnants voyageurs », lequel se déroule  du 1er au 4 février. Cette soirée a été un moment de grandes retrouvailles entre écrivains, acteurs culturels, artistes et amis de la littérature.

20 heures, la plupart des invités sont déjà arrivés. Contents de se voir les uns les autres, ils se donnent l’accolade. Le député Gracia Delva, le Premier ministre Garry Conille, ainsi que le ministre de la Culture, Pierre-Raymond Dumas représentent les autorités haïtiennes à cette soirée.

L’agréable odeur des bons petits plats ornant les tables de chez l’ambassadeur, le tintement des verres et la douce musique, jouée en arrière-plan, rehaussent l’éclat de la soirée. Les plus vieux se sont regroupés au bord de la piscine pour échanger entre eux sur la vieille littérature et leur vieille amitié, devant leurs verres de Whisky posés sur des petites tables.

Les plats valent la peine d’être dégustés, même si l’on n’a pas faim, et les verres de toutes les boissons sont tentants. Que ceux qui vont prendre le volant évitent de se soûler ! Amélie Baron, la correspondante de RFI en Haïti, qui a ôté son costume de journaliste ce soir-là, pour s’offrir une soirée de plaisir, s’est vêtue d’une courte robe décontractée verte teintée de noir.

Les écrivains haïtiens Dany Laferrière, Kettly Mars, Lionel Trouillot, Yanick Lahens, Franketienne  et Emmelie Prophète se réjouissent de cette belle et riche soirée.

Pour Dany, il ne manque à cette soirée que la présence des lecteurs de moins de 17 ans, puisque l’un des objectifs était de permettre aux lecteurs de rencontrer les écrivains. « C’est un festival ouvert sur le monde avec des écrivains venant du monde entier, et discutant sur des thèmes ouverts; ils ont exploré tout le pays », a souligné Dany Laferrière, qui croit que, symboliquement, il y a un lien excessivement fort entre les écrivains haïtiens et le reste de la société haïtienne. Il estime que le lecteur est l’égal de l’écrivain. « Comme il n’y a pas de cuisine sans gourmet et gourmand, il n’y a pas de littérature sans lecteur et écrivain », dit-il.

Emmelie Prophète, présente à cette soirée à la fois comme écrivaine et directrice exécutive du festival, parle déjà de la réussite de cet évènement qui n’a pas encore pris fin. « Le public a participé en grand nombre aux différentes manifestations réalisées dans 9 villes du pays » dans le cadre de ce festival organisé pour permettre au peuple haïtien d’offrir ce qu’il a.

« Malgré les menaces et accidents, nous existons et avons de belles choses à offrir », affirme Mme prophète, qui remercie les écrivains venus de partout. « Pour une fois, nous ne demandons pas, mais offrons des choses », insiste-t-elle, fière des écrivains haïtiens qui, en 2010, ont donné autre chose à voir d’Haïti que sa seule détresse, dans la presse internationale.

 L’ambassadeur Le Bret a pris la parole pour dire qu’Haïti et la France semblent connaître, à intervalles réguliers, les mêmes maux : le doute, et parfois l’effondrement. Selon lui, les artistes et créateurs sont généralement annonciateurs et pionniers des grands changements.

« Aujourd’hui, il n’y a pas que des connaisseurs et des fervents pour apprécier la culture haïtienne. Grâce aux talents de votre pays, il y a également des milliers de regards disposés aujourd’hui à connaître et à aimer Haïti », dit-il, adressant ses remerciements aux artistes, plasticiens et écrivains présents, spécialement à ceux venus de France ou de plus loin encore.

Il a aussi mis l’accent sur la restauration prochaine d’une salle de cinéma, « l’Eldorado », lieu chargé d’histoires. Le séisme et les soubresauts politiques de ces 25 dernières années auront eu, selon lui, raison de l’une des dernières salles de cinéma de la capitale. « Je lance ici un appel à tous, aux journalistes notamment, pour nous aider à mobiliser les fonds nécessaires en France et en Haïti pour redonner un espace à ce qui fut jadis une passion haïtienne, le cinéma ».