La communauté haïtienne

Festival de la mer, se la pou w te la !

 « Gardons nos plages propres », c’est sur ce thème que s’est déroulée, du 9 au 11 août 2013, la deuxième édition du Festival de la mer au Cap-Haïtien. Cette initiative du bureau régional du ministère du Tourisme a mobilisé des milliers de festivaliers à la découverte des potentialités touristiques de cette ville historique.

 

Il fait une chaleur torride au Cap-Haïtien. Les avions régionaux atterrissent sur la piste de l’aéroport Hugo Chavez à un rythme plus accéléré que d’habitude. Des Haïtiens et des étrangers venus de Port-au-Prince et de la diaspora débarquent heureux dans la ville du roi Henry Christophe. Une délégation d’officiels et d’investisseurs des îles Turks-et-Caïcos y est également accueillie par la ministre du Tourisme Stéphanie Balmir Villedrouin, elle-même venue lancer l’évènement.

Le Festival de la mer démarre, vendredi 9 août, avec des rencontres et des excursions. Tout autour de l’aéroport, des affiches et des banderoles annoncent son déroulement et les différentes activités associées. La ville est en plein mouvement. Heureusement, sa capacité d’accueil est énorme grâce à ses nombreux hôtels, la plupart déjà bien remplis. Les visiteurs sont assoiffés de plaisir. Des visites guidées, notamment au Parc national historique et à la citadelle leur permettent de découvrir le potentiel touristique de la région. Ils ont eu aussi l’occasion d’apprécier les talents culinaires des Capois, en sillonnant les multiples restaurants de la ville.

Le soir, le centre-ville est entièrement agité par des défilés et des animations musicales diverses. La population est au rendez-vous. A la rue 24, une énorme estrade installée pour l’occasion accueille les artistes invités. Sur un stand juxtaposé, les officiels et les invités spéciaux se défoulent sans restriction. Des artistes d’origine capoise, comme Daniel Larivière, Tonton Bicha, Miss monde, etc., sont honorés par la ministre du Tourisme qui a remis à chacun d’eux une plaque d’Honneur et Mérite. De nombreux show de danses sont offerts par des artistes de la région, mais c’est T-Micky qui aura conquis la grande foule avec ses prestations pimentées.

La journée du samedi est marquée par des conférences visant à sensibiliser la population à préserver les fonds marins et à garder les plages propres. Elle est clôturée par le « boulevard bistrot », une activité qui consiste à faire vivre l’expérience de la gastronomie des gens du Nord, à ciel ouvert, avec l’animation musicale du groupe « The Best ». De son côté, le groupe Klass offre un bal payant au « Feu-vert » à qui veut le voir jouer. Ils sont nombreux à faire la queue pour se procurer le billet d’entrée et le bal connaîtra un grand succès en dépit de la chaleur étouffante.

Les activités se poursuivent ainsi jusqu’au dimanche, jour du « Plezi lanmè », à Camp-Louise, avec l’animation de DJ Tony Mix. Le festival est clôturé lundi matin sur le boulevard du Cap-Haïtien par le groupe musical Anbyans.

Des agents de la PNH et de la Minustah, ainsi que des brigadiers de la Croix-Rouge haïtienne et de la Protection civile ont été présents durant les trois jours et aucun incident majeur n’a été signalé.

La population a participé massivement à toutes les activités et, manifestement, elle en voulait beaucoup plus que ce qu’elle a eu.

Le ministère du Tourisme veut donner un leadership à ses directions départementales afin qu’elles puissent créer des évènements culturels et touristiques partout dans le pays. « Il faut chercher à chaque moment l’opportunité d’attirer les touristes », estime Stéphanie Balmir Villedrouin, pour qui un tel évènement aura certainement des retombées économiques pour la destination. Le secteur privé du Cap s’est d’ailleurs beaucoup impliqué dans la réalisation de l’évènement.

Le Festival de la mer a toutes les chances d’être pérennisé dans le Nord et de poursuivre son objectif qui est de mettre en évidence à chaque fois l’une des plages de la région.

En dépit de certaines failles organisationnelles, cette réalisation a effectivement permis à plus d’un de se rendre compte que les touristes peuvent toujours continuer à visiter le Nord même en dehors d’un évènement particulier, et qu’ils ne seront pas déçus. D’autant plus que la semaine prochaine, ce sera la fête patronale du Cap-Haïtien et que d’autres activités intéressantes sont prévues pour le bonheur de tous ceux qui feront le déplacement.

Un souffle d’espoir pour les agriculteurs de Lhomond

A Lhomond, une localité de Miragoâne, le secteur agricole est confronté à tout un ensemble de difficultés qui paralysent son développement. Les jardins et les espaces agricoles dépérissent. La sécheresse y bat son plein. La détresse et le découragement se lisent tout naturellement sur le visage des paysans, lesquels sont pourtant animés du désir de travailler la terre malgré que cette activité devienne de moins en moins rentable.

L’une de leurs principales préoccupations, le non-fonctionnement de la pompe d’irrigation installée dans la section communale depuis quatre ans. L’eau et les canaux sont pourtant là, mais l’appareil n’a jamais pu fonctionner depuis son installation, selon les habitants de la zone qui assimilent cette panne à des problèmes de réglage ou à une mauvaise installation. Cette machine devait pourtant servir à améliorer leurs conditions de travail…

 « Certes, nous n’avons pas participé activement à la mise en place de cette pompe, mais nous l’avons accueillie avec beaucoup de plaisir, pensant qu’elle allait soulager les paysans. C’est vraiment pénible de constater qu’elle n’est pas fonctionnelle », indique Alfred Etienne, président de la Fondation pour le développement économique et social (FODES-5), une organisation très réputée dans la commune de Miragoâne pour ses interventions dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture.

C’est à l’invitation de cette association que le secrétaire d’Etat à la relance agricole, Joseph Vernet, a effectué une visite à Lhomond le week-end dernier afin de rencontrer les paysans et d’évaluer la situation. Au cours de cette rencontre, les besoins les plus urgents ont été exprimés par la population : difficultés pour trouver des semences de bonne qualité et problème de main-d’oeuvre, entre autres. « De nos jours, les jeunes négligent l’agriculture au profit des taxis-motos », explique un agriculteur.

 Après avoir pris connaissance des doléances, le représentant du ministère de l’Agriculture a promis de dépêcher sur place une équipe de techniciens. « Ils pourront faire un meilleur diagnostic de la situation afin de trouver des solutions durables », affirme-t-il, soulignant que le problème n’est pas seulement d’ordre mécanique, mais aussi d’ordre organisationnel. C’est pourquoi le responsable s’engage à établir tout un programme d’accompagnement technique, technologique et social dans cette communauté.

 En ce qui concerne la pompe et tout le système d’irrigation établi dans la région, M. Vernet promet de donner suite à l’entretien par la formation de gens pouvant assurer le suivi. En outre, même réparé, ce système ne pourra irriguer qu’un quart des terres disponibles dans la section communale. Une extension est donc indispensable.

 Le secrétaire d’Etat a parlé de la mécanisation du secteur agricole pour un retour à la terre et une meilleure production agricole dans la zone. Selon lui, les potentialités sont là, il suffit de mieux les valoriser. « Il faut un encadrement des paysans et une orientation vers des marchés où ils pourront écouler leurs produits », indique M. Vernet. D’après lui, les paysans pourront ainsi sortir définitivement de « l’agriculture de subsistance » pour passer à « une agriculture tout à fait rentable ».

Heureusement, conviennent-ils tous, les routes sont en bon état et la zone est déjà bien désenclavée. En conséquence, les résultats économiques sont quasiment garantis. Les paysans de Lhomond sont donc dans l’attente des premières actions concrètes…

Un spectacle de danse envoûtant à l’hôtel Oloffson

Au terme de son traditionnel séminaire de danse, Jean Apollon Expressions (JAE) a offert vendredi dernier un spectacle envoûtant dans la cour de l’hôtel Oloffson. Professeur dans plusieurs universités américaines, Jean Apollon organise depuis 2006 cette activité en Haïti afin de remercier sa terre natale qui lui a permis d’accéder à ce sommet.
 
 
Dès 6 heures 30 du soir, la cour de l’hôtel Oloffson accueille les premiers arrivants dans son cadre mystique habituel. Le show est introduit par un discours de Mme Emerante de Pradines, radieuse dans sa robe bleu argent et ses souliers de la même couleur, le tout allant avec ses cheveux couleur cendre. Celle-ci partage les souvenirs de ses débuts dans la danse avec un public ému, constitué principalement d’acteurs des secteurs culturel et vaudou, comme Vivianne Gauthier, Michèle D. Pierre-Louis, Hérold Josué, etc.
 
 
Peu après, une première troupe de jeunes tout de blanc vêtus fait son entrée pour offrir aux spectateurs une prestation d’inspiration vaudoue formidable. Ils continuent ainsi dans des chorégraphies différentes l’une de l’autre. Les participants s’impliquent au fur et à mesure que la troupe diversifie ses prestations de danse, entrecoupées de textes et de chants engagés. Les danseurs s’oublient complètement pour faire le bonheur du public. Ils s’étalent et se replient dans des mouvements semblables à du yoga, du karaté ou simplement du ballet. Ce qu’ils font est, en fait, un mélange de tout ça, un mélange de danses modernes et de folklore.
 
A certains moments, leurs déhanchements endiablés sur un rythme de tambour coupent le souffle. C’est l’émerveillement au sein de l’assistance qui, très vite, se laisse envoûter. Les assistants ne manquent pas d’exprimer leur satisfaction et se disent impatients de revivre une scène pareille… l’année prochaine.
 
 
 
La danse comme thérapie
 
C’est en moins d’un mois que Jean Apollon et ses danseurs ont pu préparer ce spectacle impressionnant, grâce à des séances de répétition assidues. Tout au cours du séminaire, ces jeunes ont eu l’occasion d’apprendre des techniques de danse propres à JAE. « Le yoga que nous avons commencé à pratiquer est une méditation assez bénéfique pour leur physique, fait remarquer Jean Apollon qui, cependant, met l’accent sur le folklore. Le yoga les aide à mieux respirer en vue de combattre le stress découlant des circonstances parfois pénibles vécues en Haïti. »
 
« J’aimerais apprendre aux jeunes à apprécier leur propre culture, car il est incompréhensible que notre danse traditionnelle soit adoptée et travaillée par des étrangers, alors que nous la négligeons », indique le danseur professionnel qui donne des séminaires un peu partout dans le monde.
 
 
 
Depuis 2006, Jean Apollon organise ce spectacle de danse chaque été. Cette activité constitue, selon lui, une véritable thérapie pour ces jeunes, la plupart du temps livrés à eux-mêmes, comme ça a été le cas pour lui autrefois. « La danse a toujours été pour moi une guérison lors des moments tragiques », confie le résident de Boston, qui a vu son père mourir brulé vif et sa maison partir en fumée, sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide. Ne pouvant disposer d’un psychologue pour l’aider à panser ce choc émotionnel, son seul recours était la danse. C’est pourquoi le chorégraphe pense pouvoir aider aujourd’hui des jeunes à se soigner de ce qu’il appelle « la fracture mentale » provoquée, entre autres, par le séisme de 2010.
 
Recrutés gratuitement sur la seule base de leur motivation et de leur aptitude pour la danse, les jeunes ont manifesté beaucoup d’intérêt pour ce séminaire qui a été pour eux un espace d’éducation et de discipline à tous les niveaux. Au terme de l’événement, environ une quarantaine d’entre eux ont reçu chacun un certificat.
 
 
 
« C’est nécessaire de former des jeunes qui peuvent aller représenter Haïti dans des cadres exceptionnels à l’étranger », estime M. Apollon, qui met du coeur et beaucoup de ressources dans ce projet. Une initiative qu’il réalise avec ses propres moyens et le support de quelques particuliers. « Mon plus grand rêve est de voir d’autres partenaires se joindre à moi afin que l’on puisse toucher beaucoup plus de jeunes, dit-il, pendant que les jeunes danseurs répètent leur numéro. J’aimerais que ces cours soient disponibles toute l’année. Un jour peut-être, ces poulains pourront nous représenter partout dans le monde ! »

Nouvel incendie dans un camp d’hébergement

Boliman Brandt, situé entre Delmas 2 et Delmas 4, vient s’ajouter à la liste des camps d’hébergement incendiés au cours de ces dix-huit derniers mois par des mains invisibles.
 
 
Il est deux heures de l’après-midi, une atmosphère funèbre règne au camp d’hébergement Boliman Brandt. Des enfants jouent parmi l’insalubrité, tout en respirant un air malodorant, dans les couloirs de cet espace devenu une cité façonnée de tentes en bâches et en tôles. Des adultes font passer le temps en jouant aux dominos. D’autres continuent de vaquer tranquillement à leur train-train quotidien, en dépit des rayons perçants du soleil et de la chaleur de l’été qui, joint à la poussière et la fumée, rendent cet endroit pratiquement invivable.
 
Un peu à l’arrière, plusieurs citoyens se sont regroupés autour de quelques petites flammes encore vivantes suite à l’incendie qui s’est déclaré vers deux heures dans la matinée du mercredi 24 juillet 2013. Plusieurs dizaines de tentes ont étés consumées par le feu dans ce périmètre. Il n’en reste plus que les débris de tôle, la cendre des planches et la noirceur des objets brûlés, que certains citoyens tentent encore de récupérer.
 
 
« Le feu a été mis dans les toilettes, puis s’est propagé de tente en tente, explique Laurent Sylssa, l’un des responsables du camp. On aurait pu le circonscrire dès le début, mais il n’y avait pas d’eau. » Personne ne sait ce qui a provoqué le feu, comme d’habitude. Les suspicions fusent de toute part. Des agents de police et de pompiers sont arrivés sur les lieux un peu après l’incendie et, de concert avec la population, ils ont pu éviter le pire.
 
Quelques agents de la Minustha ont également sillonné les environs, promettant d’apporter de l’aide, mais, en attendant le coucher du soleil, les réfugiés se questionnent et ne semblent pas savoir où ils vont passer la nuit.
 
« Ça fait déjà quelque temps que l’organisation Concern avait annoncé la relocalisation des réfugiés, après nos nombreuses manifestations, mais le processus est encore à son début et va très lentement », déplore M. Sylssa qui, de concert avec ses pairs, dit avoir frappé à toutes les portes sans trouver de réponse.
 
 
 
Boliman Brandt est probablement l’un des plus importants camps d’hébergement de la capitale avec les quelque 4 200 familles qui y vivent. Il en existe encore plusieurs autres, surtout au bas de Delmas, bien qu’il soit difficile de croire que des gens vivent encore dans ces conditions inhumaines, plus de trois ans et demi après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
 

Un film de sensibilisation sur la syndicalisation en Haïti

En Haïti, le secteur informel représente 95% de la main-d’oeuvre. Face à cette réalité, le cinéaste québécois André Vanasse croit qu’il est indispensable que les travailleurs haïtiens se regroupent en syndicats. Pour le compte de la Confédération syndicale internationale, il vient de passer un mois en Haïti afin de tourner un documentaire sur l’importance de la syndicalisation.
 
 
« Ce film sera un outil de formation sur la question de l’informel et de la syndicalisation », affirme André Vanasse, au terme de son travail d’un mois en Haïti visant à inciter les ouvriers de l’informel à rejoindre un syndicat.
 
Les personnages de ce court-métrage, en créole, sont exclusivement des travailleurs haïtiens. Le réalisateur s’est rendu sur le terrain pour filmer des paysans dans l’Artibonite, des marchands, des travailleurs domestiques et des ouvriers du secteur de la construction, estimant que ces derniers doivent se regrouper en syndicat pour exiger une meilleure protection.
 
« Je travaille entièrement au bénéfice des syndicats et je suis là pour défendre leur point de vue. Mon travail consiste à leur donner une fenêtre pour exprimer leur voix en produisant cet outil de communication qui sera diffusé à la fois en Haïti et sur la scène internationale », a précisé le cinéaste québécois.
 
 
André Vanasse croit que le syndicalisme engendre le partage de la richesse dans tout pays. « Les pays les plus riches sont ceux où il y a le plus de syndicats », dit-il, citant notamment les pays de l’Europe du Nord. « Ils ont 70% de la main-d’oeuvre qui est syndiquée, alors qu’en Haïti ça n’est seulement que 3% », souligne le cinéaste indépendant, engagé par la Confédération syndicale internationale (CSI) pour produire ce documentaire.
 
« Malheureusement, les travailleurs haïtiens du secteur informel, comme le personnel domestique, sont très mal payés et ne jouissent d’aucun avantage social. Les syndicats doivent donc regrouper ces personnes-là pour leur donner plus de force », insiste-t-il.
 
Le tournage terminé, le cinéaste promet que d’ici deux mois le film sera mis à la disposition des syndicats en Haïti, qui s’en serviront pour faire de la formation.
 
André Vanasse exerce le métier de cinéaste depuis déjà une trentaine d’années. Formé en sciences de l’éducation, sa carrière s’est forgée dans la production d’outils pédagogiques. Son accent créole prouve bien qu’il a beaucoup travaillé aux côtés des Haïtiens.
 
Il vient en Haïti depuis 2005. « Haïti et le Québec ont beaucoup d’affinités culturelles et la même origine linguistique, c’est pourquoi j’aime beaucoup travailler en Haïti », dit-il, heureux d’avoir appris notre langue et notre culture. Ceci est le 4e documentaire qu’il fait sur Haïti. Il avait déjà réalisé l’année dernière un documentaire intitulé « Ann Kore moun », qui apporte des questionnements sur le rôle et l’importance des syndicats dans le pays.
 
André Vanasse prévoit également de proposer à la télévision québécoise un projet de film sur la mentalité haïtienne, estimant que l’Haïtien est individualiste et a une trop grande méfiance à l’égard des institutions. A son avis, l’une des faiblesses d’Haïti est le manque d’institutions collectives. « Chacun aime avoir son affaire, mais on a de la difficulté en Haïti à organiser des institutions collectives qui marchent bien. S’il y avait un partage de la richesse, le pays décollerait comme une fusée ! ».
 

Des lycéens américains heureux de découvrir Haïti

 

Ils sont 10 jeunes Américains à être tombés sous le charme de La Vallée de Jacmel. Au terme de leur visite d’une semaine en Haïti, ces lycéens venus de la Pennsylvanie promettent de revenir prochainement.

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« Visiblement, Haïti est un pays très pauvre, les infrastructures sont presque inexistantes, mais dès qu’on quitte la capitale, on se sent dans un environnement sain et les gens sont très hospitaliers », telle est la conclusion de David Fortin, professeur d’histoire et de société au Saint-Joseph preparatory school de Pennsylvanie, qui a conduit une délégation de dix jeunes Américains en Haïti, du 29 juin au 6 juillet 2013.

Il s’agit de 7 élèves de l’avant-dernière classe du High school Saint-Joseph, accompagnés de 3 moniteurs, qui se sont portés volontaires pour effectuer ce voyage, dans le cadre d’un programme d’échange international organisé chaque année par ledit lycée au bénéfice de ses étudiants finissants. « Notre programme n’est lié au travail d’aucune ONG ni d’organisation humanitaire, nous sommes venus directement du lycée », a averti le responsable qui a déjà conduit ce même programme dans plusieurs autres pays comme la République dominicaine, la Jamaïque et différents Etats indiens.

« L’idée était de permettre à ces adolescents de bien s’imprégner de la réalité et de la culture haïtiennes », a poursuivi monsieur Fortin, estimant qu’il ne suffit pas de se fier uniquement aux informations qui circulent dans les médias ou sur Internet.

M. Fortin a fait choix de La Vallée de Jacmel parce qu’il était déjà venu l’année dernière sur l’invitation de l’organisation Fraternité valléenne pour démarrer une classe d’anglais à l’école des Frères de l’instruction chrétienne, initiative qui a déjà porté ses fruits. Il est, depuis lors, tombé sous le charme de cette belle commune montagneuse, un peu dévastée, entre autres, par les nombreuses intempéries, le phénomène de déboisement et le séisme de janvier 2010.

Durant les 8 jours passés en Haïti, les lycéens disent avoir vécu des expériences très enrichissantes aux côtés des jeunes Valléens venus de plusieurs écoles secondaires de la région. En dépit des difficultés de communication, tous ensemble, ils ont pu participer à des séances de reboisement, dans le cadre d’un programme initié par Fraternité valléenne. « Ensuite, nous avons visité plusieurs localités et plusieurs sites touristiques dans le département du Sud-Est et nous nous sommes familiarisés avec la culture haïtienne, à travers des séances de danse, de cuisine, etc. », se réjouit l’un des lycéens, Anthony Derita, dans un créole presque correct.

Toutefois, « ce qui les a le plus frappés, c’est l’extrême pauvreté qui sévit dans le pays, visible dès qu’on s’apprête à atterrir à l’aéroport international Toussaint Louverture, souligne le professeur. Cette question les a beaucoup intrigués… les tentes qui pullulent encore dans la capitale, l’insalubrité, l’absence d’électricité, d’eau potable, etc, toutes ces choses n’existent presque pas dans de plus petits pays. »

« Si les lycéens ont été si peu nombreux, c’est parce que certains parents refusent de laisser leurs enfants aller dans un pays comme Haïti… ». Et pourtant, ceux qui ont accepté de venir s’en réjouissent. M. Fortin dit souhaiter de tout coeur que cette relation grandisse et aille beaucoup plus loin avec le temps. Déjà, les jeunes Américains se disent impatients de revenir en plus grand nombre l’année prochaine…

 

Pétion-Ville a célébré sa fête patronale pendant 15 jours

Chaque année, Pétion-Ville célèbre grandiosement sa fête patronale, la Saint-Pierre, par une série d’activités qui animent la commune durant plusieurs jours. Cette année encore, la population pétionvilloise s’est réjouie de cette fête qui a égayé toute la ville pendant trois week-ends, malgré la pluie et d’autres difficultés.
 
 
C’est par une cérémonie solennelle, le samedi 29 juin, que la Saint-Pierre a été célébrée. C’est dans une église remplie comme un oeuf que s’est déroulée la cérémonie religieuse présidée par Mgr Guire Poulard, aidé d’une dizaine de prêtres vêtus de blanc et rouge.

Le curé Sanders Louis-Jean a remercié ses nombreux confrères venus l’assister à l’occasion de cette célébration eucharistique, ainsi que les autorités civiles et policières, notamment le conseil communal et le député de Pétion-Ville, dont la présence était remarquée dans l’assistance. Ensuite, il a parlé de son rêve le plus cher qu’est la construction de la chapelle de la Médaille Miraculeuse à Berthé. Aussi chaque acheteur du livret contenant la programmation des festivités de la Saint-Pierre contribue-t-il à atteindre l’objectif.

 
15 jours de festivités intenses ont précédé la célébration officielle de la Saint-Pierre, à Pétion-Ville. Un impressionnant public a envahi les environs de la place Saint-Pierre tous les soirs, comme au carnaval. Ces quelques milliers de citoyens sont venus de partout pour assister aux diverses prestations des DJ et des groupes musicaux comme Djakout #1, Silibo, K-dans, Koudjay, Boukman eksperyans … sur l’énorme stand érigé depuis le 16 juillet à l’angle des rues Lamarre et Ogé.
 
Les prestations commencent généralement très tard la nuit, ce qui ne semble pas être dans l’intérêt des vendeurs présents dès 5 heures de l’après-midi. « Lorsque les groupes commencent à jouer plus tôt, le public aussi arrive plus tôt et reste plus longtemps, et nos produits sont mieux écoulés », estime une marchande de friture.

Manque de promotion pour la foire artisanale

Durant 8 jours, la place Saint-Pierre a accueilli une foire artisanale et gastronomique. Les diverses expositions ont enjolivé l’espace et ont fait l’honneur de la production locale. Pourtant, les exposants ne sont pas satisfaits.

 
« Les choses ne se sont pas du tout bien passées, nos produits sont restés dans leurs emballages ». Cette marchande venue de la plaine du Cul-de-sac s’est dite étonnée de constater que les Pétionvillois n’encouragent pas la production locale. Madame Raymonde est certaine que cela est dû à un manque de promotion de la part des organisateurs. « La mairie devait exposer des banderoles quelque temps à l’avance et faire de la publicité dans les médias, pense-t-elle. Les gens ne sont pas venus acheter parce qu’ils ne savaient pas qu’une foire se déroulait ici ».

Tous du même avis, les commerçants estiment qu’il ne suffit pas de faire connaître leurs produits. « Nous avons investi beaucoup d’argent pour nous présenter ici tous les jours. En plus des 3 000 gourdes versées pour l’inscription, nous devons chaque jour transporter les marchandises, à nos propres frais », explique madame Guerrier, une productrice de liqueur à base de fruits.

La pluie joue au trouble-fête

Pour la section de la restauration, les choses sont un peu différentes. « De toute façon, les gens doivent toujours se restaurer pendant un tel défoulement », reconnaît Etienne, pour qui les choses n’ont pas pour autant marché comme sur des roulettes.

Lors des averses survenues presque chaque soir dans la zone métropolitaine, les marchands se sont affolés. « Nous faisons d’énormes déficits à cause de la pluie qui, le plus souvent, chasse la plupart des participants, ce qui ne favorise pas du tout la vente de nos produits. De plus, étant donné que les tentes installées par la mairie ne sont pas imperméables, nous sommes obligés de tout réemballer pour ensuite les déballer à nouveau après la pluie », explique une autre vendeuse.

Des actes de banditisme

Plusieurs actes de banditisme et des scènes de bagarre ont causé des blessés au cours des grandes manifestations. Heureusement que des agents de la PNH et de l’UDMO ont été sur place pour calmer le jeu lorsque c’était nécessaire, bien qu’ils ne purent pas être partout en même temps. La présence des agents de la Croix-Rouge haïtienne et de la Protection civile a été également d’un grand secours pour les victimes.

 
« C’est dommage, autrefois il n’arrivait pas ce genre de chose lors des fêtes champêtres à Pétion-Ville, mais la tendance commence à changer », regrette Ti Manno, un Pétionvillois dans la trentaine qui avoue s’être bien amusé durant cette période de fête.

Dans l’ensemble, la fête Saint-Pierre était bien pour la plupart des participants qui se sont détendus de toute leur âme en ce début de vacances. Les Pétionvillois font ce genre de rassemblement deux fois par année : en février pour le carnaval et en juin pour la Saint-Pierre. Cette fête patronale demeure une manifestation très populaire et incontournable dans la commune de Pétion-Ville !